Au bon roman – Laurence Cossé

Posté par belledenuit le 3 juin 2009

Au bon roman - Laurence Cossé dans Contemporain 41UCbm5ku6L._SL500_AA240_

Auteur : Laurence Cossé

Editions  : Gallimard (2009)

Nbres de pages : 496

Présentation de l’éditeur :

Un fou de Stendhal et franc misanthrope, reclus dans un hameau de Savoie, est abandonné en forêt par des individus qui l’y ont amené de force en pleine nuit. Une très jolie blonde rôdée à la conduite automobile quitte brusquement une route qu’elle connaît comme sa poche. Un Breton sans histoire, habitué à faire chaque matin la même promenade au bord d’une falaise, trouve sur son chemin deux inconnus qui ont tout l’air de l’y attendre. Mais le lecteur comprend bientôt qu’on n’est pas dans un roman policier classique. Les agresseurs ne sont ni des agents secrets ni des trafiquants. Ils ne s’attaquent pas à des durs mais à des tendres, un ancien routard devenu libraire, une mécène mélancolique, et à une entreprise dont aucun des deux n’avait imaginé qu’elle pourrait fâcher. Qui, parmi les passionnés de roman, n’a rêvé un jour que s’ouvre la librairie idéale ? Non pas ce qu’on appelle une bonne librairie, où l’on trouve de bons romans, mais une librairie vouée au roman où ne sont proposés que des chefs-d’œuvre ? En se lançant dans l’aventure, Ivan et Francesca se doutaient bien que l’affaire ne serait pas simple. Comment, sur quels critères, allaient-ils faire le choix des livres retenus ? Parviendraient-ils un jour à l’équilibre financier ? Mais ce qu’ils n’avaient pas prévu, c’était le succès.

Mon avis :

Que les amoureux des livres qui n’ont jamais rêvé d’avoir leur propre librairie se fassent connaître !

Cet ouvrage est LE livre du vrai libraire qui aime le bon livre (entendez par là l’ouvrage qui a été fait par un auteur dont le but n’était pas de gagner de l’argent dessus).

Finalement, « Au bon roman » pose le problème de toute cette littérature « moyenne » faite uniquement pour rapporter de l’argent tant à l’auteur qu’à l’éditeur.

A partir de cette constatation, deux personnages vont œuvrer pour monter LA librairie qui sera un lieu de rencontre mais aussi de « recueillement » (qui n’a jamais passé du temps dans une librairie en lisant un ouvrage qui l’intéressait et ne voyait pas le temps passé mais seulement le regard et les soupirs exaspérés du libraire qui se demandait si on allait acheter le livre pour poursuivre notre lecture ou alors tout lire dans le magasin sans finalement l’acheter ?!)

Ici, il n’est pas question de brusquer le lectorat. Bien au contraire ! On l’aime, on l’attire avec des ouvrages en perte de vitesse dans les ventes parce qu’ils ne sont plus dans l’ère du temps (ou devrais-je dire l’air ?!) De ce fait, ils risquent de tomber dans l’oubli. Là, sera donc le but de cette nouvelle librairie :

« Nous nous défendons pour soutenir et enrichir le patrimoine littéraire, qui est menacé par l’oubli et l’indifférence sans parler de confusion du goût. C’est une cause incontestable. » (p 244)

Du coup, on nous donne une flopée de titres et d’auteurs incontournables (n’oubliez pas d’avoir un papier et un stylo à portée de main).

On aime l’ambiance que cette librairie dégage (on s’installerait presque dans les fauteuils pour poursuivre notre propre lecture).

Mais ce livre c’est aussi un genre « policier » sans l’être puisque trois membres du comité de lecture ont été agressés. Il y a cependant un problème majeur puisque ce comité est secret, les membres sont inconnus du public et les propres personnes qui le composent ne savent pas elles-mêmes qui en fait partie. Comment alors ont pu être organisées ces agressions sur ces membres ? Qui souhaite la perte de cette librairie qui plaît unanimement de plus en plus ?

Le livre est organisé en quatre parties. Si les trois premières sont très intéressantes à parcourir, la quatrième m’a laissé un goût amer. Je ne suivais plus que par moment le fil de l’histoire. Je n’avais plus vraiment d’intérêt dans ma lecture.

Néanmoins, dans sa globalité, on suit sans souci cet ouvrage surtout lorsque l’on découvre que :

« (…) les quelques livres à sauver sont rarement ceux qui font les gros titres dans la presse » (p 103)

On sait alors quel sera l’objectif de cette librairie si particulière aux yeux des professionnels du livre car :

« Au Bon Roman ne sera pas une librairie ordinaire. C’est le pari. Nos clients ne seront pas des clients ordinaires (…) » (p 103)

On se demande alors si Francesca va arriver à son but parce que ledit pari est loin d’être aussi facile à tenir face à la concurrence notamment.
C’est un livre superbe qui nous fait découvrir le monde de l’édition et les difficultés de s’implanter dans ce décor si merveilleux et pourtant pourvu de tant d’animosité. Mais c’est aussi un ouvrage où l’on découvre toute la richesse du patrimoine littéraire car :

« Des adultes vont te dire que non, la littérature n’est pas la vie, que les romans n’enseignent rien. Ils auront tort. La littérature informe, elle instruit, elle entraîne. » (p. 177)

En bref, un livre à lire sans aucune retenue. C’est idée lecture que j’ai pioché chez Ys.

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Un crime dans le quartier

Posté par belledenuit le 23 mai 2009

 Lu dans le cadre du Prix des Lecteurs 2009

Un crime dans le quartier dans Contemporain 51UkLsMLYFL._SL160_AA115_Auteur : Suzanne Berne

Editions : Le livre de poche (2009)

Nbre de pages : 313

Quatrième de couverture :
Vingt ans après les faits, Marsha, la narratrice, se souvient et raconte son histoire…
En 1972 – l’Amérique commence à résonner des échos de l’affaire du Watergate -, elle a dix ans, et, bien qu’elle vive dans un paisible quartier résidentiel de la banlieue de Washington, le monde ambiant, à commencer par sa propre famille, lui paraît le théâtre de ténébreuses intrigues qu’elle consigne méticuleusement dans un cahier. Un nouveau voisin, célibataire et réservé, Mr Green, suscite chez elle antipathie et méfiance. Et, lorsqu’un crime abominable est commis dans le quartier, Marsha en vient naturellement à soupçonner le malheureux Green…

Plus encore que l’histoire elle-même, c’est le style direct et sans complaisance de Suzanne Berne et le climat infiniment prenant qu’elle réussit à créer par une accumulation de détails et de notations psychologiques criants de vérité, qui font l’exceptionnelle valeur de ce livre.

 

Mon avis :
Bon ce dernier livre de la sélection de mai du Prix des Lecteurs n’est pas terrible du tout.

Dès la lecture du résumé, j’ai fait la moue. Mais là, je n’en peux vraiment plus. J’en suis à plus de la moitié et je trouve le style trop plat. Il y a trop de longueurs, des répétitions, des allers-retours dans la narration. Ca fait brouillon et je m’y perds mais surtout on s’ennuie au plus haut point.

Il s’agit d’une jeune fille de dix ans qui suit des réflexions suite à une tragédie survenue dans son quartier. On passe par l’analyse de sa propre famille ; comment elle voit sa mère, son père et ses frère et sœur (des jumeaux de 14 ans). Elle va prendre en « grippe » son voisin, Monsieur Green et le surveiller du matin qu’il part jusqu’au soir où il rentre. Elle se répète tout le temps. Quant à la façon dont le récit est mené… pffff !!!!! Je n’en peux plus, vraiment, et j’abandonne après avoir lu près de 200 pages sur les 300 de l’ouvrage.Retrouvez l’avis de Géraldine qui n’a pas aimé non plus !

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Les brumes de Riverton

Posté par belledenuit le 20 mai 2009

Les brumes de Riverton dans Contemporain 51ioRUNB1kL._BO2,204,203,200_PIsitb-sticker-arrow-click,TopRight,35,-76_AA240_SH20_OU08_Auteur : Kate Morton

Editeur : Presses de la Cité (2007)

Nbre de pages :  462 pages

Quatrième de couverture :

« Au mois de novembre dernier, j’ai fait un cauchemar. On était en 1924 et je me retrouvais à Riverton. »
Eté 1924 : au cours d’une grande soirée donnée au château de Riverton, le poète Robert Hunter se suicde sous les yeux des soeurs Hartford. Les deux femmes ne se reparleront plus jamais après ce drame.
Hiver 1999 : une jeune cinéaste prépare un film sur ce scandale des années 20. Il ne reste plus qu’un seul témoin vivant de l’époque, Grace Bradley, alors domestique au château. Mais Grace a changé de vie, tiré un trait sur Riverton et ses secrets, du moins le croit-elle. Car le passé lentement se réveille…

Best-seller en Australie, en cours de traduction dans une vingtaine de pays, Les brumes de Riverton est un premier roman envoûtant au souffle rare, plein de mystères et de secrets, qui mêle les destins d’une famille anglaise à travers tout le XXème siècle, et nous plonge dans la vie de Grace, une femme hors du commun.

Mon avis :

« Les brumes de Riverton » fait partie de ces ouvrages que l’on n’a pas envie de quitter une fois qu’on l’a ouvert.

Je suis entrée tout de suite dans la narration que Grace nous fait de sa vie, d’une part parce qu’un secret bien gardé depuis de nombreuses années, lui pèse sur le cœur, et d’autre part parce que l’écriture de Kate Morton est telle qu’on a vraiment l’impression d’être un personnage important dans l’histoire. Comme une confidente à qui cette personne âgée de 98 ans se confesserait.

On la suit alors dans sa vie de domestique dans la famille Hartford, dans un premier temps, puis celle de camériste de Melle Hannah (l’une des filles Hartford), ensuite.

On se trouve aussi dans une société anglaise qui évolue au fil du temps.

Nous sommes plongés entre le début et la fin du XXème siècle.

Grace a vu de ses propres yeux les jeunes filles de bonne famille changer considérablement d’attitude après les années 1920.

D’ailleurs, Emmeline (la deuxième fille Hartford) fait partie de ce genre là. Très expansive contrairement à Hannah qui est beaucoup plus réservée même si dans sa jeunesse ses ambitions étaient tout autres.

Très honnêtement, j’avais des sensations très particulières dès que j’avais ce livre entre les mains. Comme si les spectres de cet ouvrage m’entouraient. Je faisais vraiment partie intégrante de leurs vies, leurs joies et leurs drames. Je me suis totalement investie dans cette lecture que je délectais en ne le lisant que parcimonieusement pour mieux le garder plus longtemps.

Quant au secret que garde enfoui Grace pendant toutes ces années, je dirai même qu’il est double. Elle ne le dévoile qu’à la fin de sa vie, et uniquement à son petit-fils, Marcus.

Si vous tenez à savoir de quoi il s’agit et si vous avez envie d’être envoûtée par cette auteure dont ce titre et le premier roman (et quel roman !), n’hésitez surtout pas à vous y jeter dessus. Vous ne le regretterez pas. Il y contient quelque part une sorte de genre victorien que nous affectionnons toutes.

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L’enfant d’Emma

Posté par belledenuit le 14 mai 2009

L'enfant d'Emma dans Contemporain enfant10Auteur : Abbie Taylor

Editions : France Loisirs (2009)

Nbre de pages : 425

Résumé :
En une seconde, la vie d’Emma bascule dans l’horreur. Les portes du métro se referment sur son fils de 13 mois et l’enfant disparaît aux côtés d’une inconnue. Emma a beau appeler à l’aide, la police refuse de la croire. A-t-elle vraiment un enfant ? L’a-t-on réellement enlevé ? Emma ne peut alors compter que sur elle-même pour tenter de retrouver son fils, quoi qu’il lui en coûte…
Mon avis :

Avant toute chose, il faut préciser que Abbie Taylor est une jeune auteure et que cet ouvrage est son premier roman.
De ce fait, je vous dirai que même si j’ai beaucoup angoissé en imaginant Emma rechercher son fils, cela ne se faisait que par moment.
Le personnage est très attachant tenant surtout le fait de sa situation personnelle très délicate (elle n’a que 25 ans, élève seule son fils, est sans emploi et n’a plus du tout de famille).
Une fois le tableau dressé, l’enlèvement effectué, j’ai eu comme une impression de vide sur certains chapitres.
Abbie Taylor a intégré des parties concernant des moments de la vie d’Emma antérieurs au kidnapping pour bien que le lecteur comprenne l’état psychologique dans lequel se situe son personnage.
Je ne dirai pas que c’était inutile de le faire. Par contre, j’aurais planifié le roman d’une façon différente pour que cet effet « brouillon » n’apparaisse pas.
Par ailleurs, à certains moments fatidiques, voir que l’auteure coupait l’action pour revenir dans le passé m’a un peu gâché ma lecture.
Néanmoins, j’ai eu beaucoup de blues, mal au coeur et les larmes aux yeux sur des scènes où la maman se retrouve seule et s’interroge sur ce qui lui arrive.
Quelle mère ne réagirait pas ainsi ? Bien sûr qu’il est difficile de rester assise et calme quand on ne sait pas où est son enfant et avec qui. Et là, on est pris aux tripes. Je sentais même cette envie qui me prenait d’aller rechercher cet enfant avec Emma pour qu’elle puisse le serrer contre elle et lui dire qu’elle l’aimait plus que tout. Et sur ce point, je dis merci et bravo à l’auteure.
En somme, même si ce livre n’est pas de la grande littérature, l’écriture étant très simple, je le recommande pour peu que vous vous sentiez prête à vivre ce « calvaire » d’Emma.

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Ma vie pour la tienne

Posté par belledenuit le 5 mai 2009

Ma vie pour la tienne dans Contemporain 41%2BAbNsb16L._SL160_AA115_Auteur : Jodi Picoult

Editions : J’ai Lu (2008)

Nbre de pages : 570

Présentation de l’éditeur :
A treize ans, Anna a déjà subi de nombreuses interventions et transfusions afin que sa soeur aînée Kate puisse combattre la leucémie qui la ronge depuis l’enfance. Anna sait qu’elle a été conçue pour être génétiquement compatible avec Kate et qu’elle est son seul espoir. Cependant, lorsqu’on lui demande de faire don d’un rein, l’adolescente refuse. Elle veut disposer librement de son corps et ira jusqu’au bout pour se faire entendre…
S’inspirant d’un fait réel sur une “enfant-médicament”, voici un récit choral subtil et profondément humain.

Mon avis :
C’est avec une certaine appréhension que j’avais commencé ce livre. Je me disais que j’allais pleurer tout au long du récit. Eh bien non ! Je m’étais trompée. C’est un livre tout simplement sublime. Les sentiments sont forts, les questions d’éthique, de don d’organe, de choix personnel sont posées avec beaucoup de subtilité. On est transporté dans la vie de cette famille (les Fitzgerald) au moment où Anna (l’enfant conçue génétiquement pour “sauver” sa soeur) se rebelle pour pouvoir disposer de son corps comme elle le souhaite. Dès sa naissance et jusqu’à ses 13 ans, cette enfant subit de nombreuses prises de sang (pour récupérer ses lymphocytes ou ses granulocytes) ou intervention (de moelle osseuse notamment) et elle veut que cela cesse au moment où on lui explique que c’est un rein qu’elle doit donner à sa soeur.
La vie de cette famille se fait autour de Kate, l’enfant leucémique, et l’on peut se rendre compte comme il est difficile de vivre et de penser normalement face à une telle situation. Ferions-nous mieux ou pire que ces parents qui ne souhaitent qu’une seule chose : vivre normalement. Faire en sorte que leur fille aînée guérisse et conséquemment qu’Anna vive comme toute jeune fille de son âge.
On ne peut pas rester de marbre face à ce genre de souci. Je me suis beaucoup interrogée aussi sur les agissements des parents et le choix d’Anna de ne plus être un genre de “cobaye”. Mais indépendamment de ce choix qui risque de mener à mal la vie de sa soeur, Anna ne veut pas gâcher la vie de sa famille. Elle est fermée, introvertie, a du mal à dire exactement ce qu’elle veut. Et pour cause : quoi qu’elle fasse comme choix, il y aura des conséquences.
Ce livre est un hymne à l’amour mais aussi une grande interrogation sur la bioéthique et la fin est très touchante. Là, et uniquement à ce moment là, mes larmes sont venues.

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La touche étoile

Posté par belledenuit le 3 mai 2009

La touche étoile dans Contemporain 41SPO3pJ1DL._SL160_AA115_Auteur : Benoîte Groult

Editions : Le livre de poche (2007)

Nbre de pages : 247

Présentation de l’éditeur :
Ni Dieu ni Diable, Moïra, dans la mythologie grecque, représente la destinée. Elle s’attache à faire advenir l’improbable chez ses protégés en brouillant les cartes quand elle les juge mal distribuées. Ainsi Marion, qui s’est mariée en espérant former un couple moderne, découvrira qu’on souffre comme au temps de Racine même si on a signé le contrat de Sartre et Beauvoir. Mais Moïra lui fera vivre, en marge, une liaison passionnée avec un Irlandais un peu fou, un peu poète. Sa mère Alice, quatre-vingts ans, journaliste féministe de choc, s’est juré de ne pas se laisser déborder par la vieillesse. Un défi osé que Moïra l’aidera à relever avec panache.
La Touche étoile est une leçon des Ténèbres, dite sur le ton de l’allégresse. Le roman émouvant et drôle de plusieurs générations de femmes
.

Mon avis :

Une fois n’est pas coutume, je n’ai pas du tout accroché à ce bouquin.
Trop de vas et viens. Trop de mélange. Je me suis perdue par moment pour savoir qui parlait. Les chapitres sont ponctués de réflexions sur la vieillesse mais également sur l’infidélité.
Cela aurait pu être très intéressant mais j’ai trouvé trop lourdeurs dans le style de l’auteure.
Par moment, je n’y ai rien compris du tout ! Trop d’images, tue l’image !
En bref, un roman que je vais vite oublier parce qu’il m’a donné de très grosses migraines en tentant de comprendre là où Benoîte Groult voulait en venir.
Vous l’aurez compris, une chronique brève comme le passage de ce livre entre mes mains.

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No et moi

Posté par belledenuit le 30 avril 2009

Lu dans le cadre du Prix des Lecteurs 2009

No et moi dans Contemporain 41qOSWOj%2BVL._SL160_AA115_Auteur : Delphine de Vigan

Editions : Le livre de poche (2009)

Nbre de pages : 249

Quatrième de couverture :
Adolescente surdouée, Lou Bertignac, rêve d’amour, observe les gens, collectionne les mots, multiplie les expériences domestiques et les théories fantaisistes. Jusqu’au jour où elle rencontre No, une jeune fille à peine plus âgée qu’elle. No, ses vêtements sales, son visage fatigué, No dont la solitude et l’errance questionnent le monde. Pour la sauver, Lou se lance dans une expérience de grande envergure menée contre le destin. Mais nul n’est à l’abri…

Mon avis :
Une chose est sûre : une fois que vous aurez lu ce magnifique et poignant ouvrage, vous ne verrez plus votre vie de la même façon.
Il y a l’avant : on juge, on regarde de biais ou on ferme les yeux sur des tas de situations embarrassantes, on se plaint de tout ce qui ne va pas dans notre petite vie.
Et il y a l’après : on réfléchit (beaucoup); on se dit que finalement notre quotidien n’est pas si mal mais que, quand même, on pourrait l’améliorer en tendant la main à qui en a besoin. On pourrait…
Lou a 13 ans et elle a déjà tout compris. Ou du moins le croit-elle, avant même rencontrer Nolwenn (surnommée No), jeune SDF de 18 ans.
Lou est surdouée et ne cesse de poser des questions sur tout mais de plus en plus elles deviennent gênantes. Sa vie a déjà basculé lorsqu’un malheur a frappé le bonheur de sa famille et rendu sa mère dépressive au point qu’elle ne réagit plus au monde extérieur.
Avec la rencontre de No, c’est une autre facette de la vie qu’elle va découvrir.
Tout au long du livre, on ne peut que se dire que ses réflexions sont justes et pourtant si terribles quand on y pense.
A travers elle, on ouvre les yeux et on peut avoir honte. Parce qu’il suffirait d’un geste (selon elle) pour que tout soit différent et que le monde aille mieux.
Alors on poursuit avec la même positivité qu’elle cette lecture si fluide et pourtant si tranchante, en se disant que Lou a peut-être raison. Qu’elle a trouvé la solution mais aussi et surtout le courage que nous n’avons pas. On se dit qu’elle va réussir. Peut-être.
Mais la réalité la rattrape et lui montre combien tout n’est pas si simple.

« Je croyais que l’on pouvait enrayer le cours des choses, échapper au programme. Je croyais que la vie pouvait être autrement. Je croyais qu’aider quelqu’un ça voulait dire tout partager, même ce qu’on ne peut pas comprendre, même le plus sombre (…) La réalité reprend le dessus et l’illusion s’éloigne sans qu’on s’en rende compte. La réalité a toujours le dernier mot (…) Il ne faut pas espérer changer le monde car le monde est bien plus fort que nous. » (p 190-191)

Entre cette jeune fille déterminée qui a tout dans sa vie et une autre qui est complètement paumée par la sienne, on fait piètre figure.
Ici, on ne les juge pas; on les écoute; on les suit; on pleure; on angoisse. Et c’est tout. On ne dit rien. Il n’y a rien à dire. Il y a juste à lire.

Lisez aussi les avis de Géraldine, Sylire et Karine qui ont aussi été très touchées par cet ouvrage.

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La société des jeunes pianistes

Posté par belledenuit le 28 avril 2009

La société des jeunes pianistes dans Contemporain 41iHnz2jJVL._SL160_AA115_

Auteur : Ketil Bjornstad

Editions : Le Livre de Poche (2008)

Nbre de pages : 443Présentation de l’éditeur :
La Société des Jeunes Pianistes, c’est le nom que s’est donné un groupe d’adolescents passionnés, à Oslo, à la fin des années 1960. A la fois amis et rivaux, ils ont en commun l’amour de la musique; pourtant, un seul remportera le concours du “Jeune Maestro”. Tous vont subir une terrible pression de leur entourage, mais surtout d’eux-mêmes. La Sociétés des Jeunes Pianistes est un roman initiatique, grave et subtil, qui évoque le désir, la vie, la mort.

Mon avis :
Ce roman est une pure merveille puisqu’il permet de découvrir le monde des prodiges qui excellent dans l’art du piano et la façon dont ils vivent certains évènements importants pour eux.
Parallèlement, on se rend compte que ces jeunes restent malgré tout des adolescents comme n’importe lesquels avec leurs préoccupations de jeune (comment être ? paraître ? aimer ?…)
On suit l’histoire à travers la vie d’Aksel, un jeune garçon de 16 ans, qui se réfugie dans la musique que lui a inculquée sa mère, à la suite du décès “accidentel” de celle-ci.
Je me suis attachée à ce jeune homme très rapidement. Il est timide, quelque peu introverti. Il n’ose rien. Et malgré tout, il a un don pour le piano.
A de nombreux moments dans livre, lorsque les concerts sont détaillés, je m’y suis réellement crue invitée. J’assistais réellement à ces concours ou représentations.
L’auteur a réussi à faire entrer la musique dans son oeuvre rien qu’avec des mots.
J’ai vraiment accroché avec ce livre et je ne peux que vous le recommander pour peu que vous aimiez la musique classique.

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Les amants de la mer Rouge

Posté par belledenuit le 18 avril 2009

Les amants de la mer Rouge dans Contemporain 516D4cgSYtL._SL160_AA115_Auteur : Sulaiman Addonia

Editions : Flammarion (2009)

Nbre de pages : 305

Quatrième de couverture :
Djeddah, fin des années 80. Naser est un jeune Erythréen de vingt ans que les troubles politiques dans sa terre natale ont forcé à émigrer en Arabie Saoudite où, pour gagner sa vie, il lave les voitures. Là-bas, les femmes sont cachées sous leurs voiles et les hommes ont les pleins pouvoirs. Seule prévaut la justice des riches et des puissants. Naser grandit dans un climat brutal et ses moindres faits et gestes sont épiés par la police religieuse tandis que sa vie est rythmée par les sermons stridents de l’impitoyable imam de la mosquée locale. Jusqu’au jour où il reçoit – sacrilège – un mot d’amour écrit par une inconnue. Bravant les chefs religieux et politiques, Naser décide de vivre cette passion, tout en sachant qu’il risque sa vie s’il venait à être découvert.
Les amants de la Mer Rouge est l’histoire d’un amour interdit, dans une Arabie Saoudite brûlante et tyrannique, une passion universelle et moderne à la fois.
Mon avis :
Lorsque l’on m’a demandé si j’étais partante pour recevoir ce livre et en faire une chronique, j’ai réellement hésité.

Le titre ne me posait aucun problème, bien au contraire, puisque j’entre en ce moment dans une phase où mes lectures ont besoin d’être légères.

Je partais donc sur un enthousiaste certain qui a perdu de son intensité quand j’ai lu de quoi il s’agissait. Et là… hésitation totale !

Est-ce que je lui dis oui ou non ? Mais si je dis « non » je risque peut-être de passer à côté d’une histoire qui vaut la peine d’être lue même si elle se passe… en Arabie Saoudite.
Eh oui ! Le problème était dans la situation géographique de cette narration.

J’avais eu beaucoup de mal à lire et à avancer dans « Les hirondelles de Kaboul » de Yasmina Khadra et je n’avais pas du tout envie d’avoir une autre lecture comme celle-là.

Il est toujours difficile de supporter ce que ces femmes peuvent endurer là-bas. En tout cas, d’un point de vue de femme occidentale que je suis.

Mais finalement, je me suis lancée et j’ai accepté de le lire. Pourquoi ?
Tout simplement parce que chaque livre mérite d’avoir sa chance d’être découvert. Il fallait que j’arrête mes préjugés et que je m’y mette avec plus de recul. Et honnêtement, je ne regrette pas du tout mon choix.

La lecture file très bien. On ne voit pas les pages défilées. Sulaiman Addonia a un style fluide, facile et même si l’écriture est simple, on est pris par la narration que nous fait Naser de sa vie à Djeddah.

Il faut quelques pages avant que la relation qu’il va entretenir avec cette inconnue, qu’il nommera Fiore, se mette en place mais une fois que l’on y est, que c’est dur de les laisser !
On tremble pour eux; on espère qu’ils parviennent à finaliser leurs envies, leurs rêves dans ce pays où hommes et femmes ne se côtoient pas un seul instant.

Ce récit très réaliste sur la vie de ces jeunes gens est aussi raconté avec tendresse et poésie. C’est ce qui rend d’ailleurs sa lecture si fluide. On sent l’amour. On le vit aussi malgré les risques encourus tant par l’un que par l’autre car comme le dit Naser :

« Je préférais m’accrocher à mon rêve, aussi dangereux soit-il, plutôt que de vivre dans un monde sans amour. » (p 175).

Et dans ce pays si particulier, placé sous le contrôle de la police religieuse et de la corruption, chaque pas, chaque mot peut mener à l’enfer.

Nous sommes ici témoin d’un Amour vrai dans un pays totalitaire où l’on donnerait tout pour les aider à vivre libre, tout simplement.

Vous l’aurez compris, ce premier roman de Sulaiman Addonia m’a totalement conquise parce que l’auteur, sans user de scènes trop difficilement supportables mais sans minimiser non plus les risques, a su nous décrire la passion de deux êtres prêts à tout pour s’aimer et se retrouver libres de leurs mouvements et de leurs pensées.

Merci à Suzanne de Chez les filles et aux éditions Flammarion pour cette très belle découverte.

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Fleur de neige

Posté par belledenuit le 14 avril 2009

Fleur de neige dans Contemporain 41rtDBMHu3L._SL160_AA115_Auteur : Lisa See

Edition : J’ai Lu (2007)

Nbre de pages : 377Présentation :
Dans la Chine du XIXe siècle, le destin de deux jeunes filles est lié à tout jamais. Fleur de Lis, fille de paysans, et Fleur de Neige, d’origine aristocratique, sont nées la même année, le même jour, à la même heure. Tous les signes concordent : elles seront laotong, âmes sœurs pour l’éternité. Les deux fillettes grandissent, mais si leur amour ne cesse de croître, la vie s’acharne à les séparer. Alors que la famille de Fleur de Neige tombe en disgrâce et que la jeune fille contracte le mariage le plus infamant qui soit, Fleur de Lis, par son union, acquiert reconnaissance et prospérité. L’amitié sacrée des deux femmes survivra-t-elle au fossé que le destin a creusé entre elles ?

Mon avis :
J’ai commencé cette lecture avec quelques connaissances sur les conditions féminines des chinoises de cette époque, ayant lu il y a quelques années de cela « Impératrice de Chine » de Pearl Buck (auteur que je recommande d’ailleurs). Autant dire, que certains passages et celui notamment sur le bandage des pieds (qui dure pendant deux ans) étaient du déjà vu pour moi. Cependant, à sa lecture, on ne peut pas rester de marbre. La douleur physique et morale qu’ont endurées ces petites filles (car elles sont âgées de 5-6 ans) est difficilement supportable.
Une fois ce stade passé et commençant à connaître les personnages de Fleur de Neige et Fleur de Lis, on se laisse transporter dans leur vie quotidienne de fillettes, puis de jeune fille et de femme.
Et malgré un mensonge blessant, la solidité de leur relation et l’amour qu’elles entretiennent l’une envers l’autre restent intacts même si elles se situent dans des « castes » différentes.
C’est un livre magnifique. On apprend beaucoup sur les coutumes chinoises et j’ai adoré les récits des légendes.
C’est un livre à lire absolument. Une chose est sûre : si vous vous plongez dans ce roman, vous ne serez pas déçu !

Extraits du livre :

« Pour que mes pieds soient considérés comme parfaits, il fallait qu’ils obéissent après le bandage aux sept critères suivants : ils devaient être minuscules, étroits, élancés, points et cambrés tout en restant parfumés et doux au toucher. Parmi tous ces attributs, la taille est déterminante. L’idéal est de sept centimètres – environ la longueur d’un pouce. La forme vient ensuite : un pied parfait doit évoquer un bourgeon de lotus. Plein et rond au niveau du talon, il doit être pointu à l’extrémité, tout le poids reposant sur le gros orteil. Cela signifie que les autres doigts et la plante elle-même doivent être brisés, puis repliés, de manière à rejoindre le talon par en dessous. Au bout du compte, la fente située entre l’avant du pied et le talon doit être suffisamment profonde pour abriter dans son repli une grosse pièce de monnaie. Si je remplissais toutes ces conditions, le bonheur qui m’attendait serait absolu. »

« (…) Maman me lava soigneusement les pieds et les frotta ensuite avec de l’alun, dans le but de contracter les chairs et de limiter les inévitables sécrétions de pus et de sang. Elle me coupa les ongles aussi court que possible. Pendant ce temps, mes bandages trempaient dans l’eau, afin de mieux comprimer mes pieds une fois qu’ils auraient séché. Puis, maman saisit l’extrémité de l’une des bandes, la plaça sous mon cou-de-pied et plaqua ensuite le tissu sur mes quatre petits orteils, de manière à entamer le processus qui allait peut à peu les ramener sous mon pied. Elle fit ensuite passer la bande autour de mon talon. Une autre boucle, autour de la cheville, lui permit de consolider les deux premières. Le but était que mes orteils et mon talon finissent par se rejoindre, aménageant entre eux une fente tout en dégageant mon gros orteil, sur lequel j’allais prendre appui pour marcher. Maman répéta les mêmes gestes jusqu’à ce que toute la bande y soit passée (…) »

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