La voix d’Emilie

Posté par belledenuit le 7 décembre 2009

La voix d'Emilie dans Historique/Uchronique 41MjRb7y88L._SL160_AA115_Auteur : Susanne Dunlap

Editions : Libra Diffusio (2009)

Nbre de pages : 448

Présentation de l’éditeur :

Paris, 1676. Fille d’un modeste luthier, Emilie, quinze ans, possède un don particulier : elle a une voix d’ange. Lorsque le compositeur Marc-Antoine Charpentier entend sa voix, il tombe sous son charme et propose de prendre la jeune fille comme élève afin de lui apprendre non seulement l’art du chant, mais aussi tout ce qui lui permettra de briller dans les salons et, pourquoi pas, à la cour de Louis XIV. La tête pleine de rêves, de robes, de bijoux et de bals, Emilie commence sa formation… jusqu’à ce que les plans de Mme de Maintenon pour éloigner le roi de sa rivale, la Montespan, viennent bouleverser le cours des choses et amènent prématurément Emilie à Versailles. La jeune fille se retrouve plongée dans de dangereuses intrigues de palais, tel un pion dans la partie d’échecs que jouent les deux favorites du roi. Prisonnière parmi les splendeurs et les fastes royaux, objet de toutes les haines et de toutes les convoitises, Emilie devra se battre pour sauver sa carrière et sa vie.

Mon avis :

Je suis entrée tout de suite dans cet ouvrage. Susanne Dunlap fait partie de ces auteurs qui permettent de s’évader et remonter le temps dès les premières pages passées.

Nous entrons ici dans le domaine musical et plus particulièrement de l’opéra puisque Emilie, jeune personne âgée de 14 ans, possède une voix exceptionnelle, une voix d’ange depuis son plus jeune âge.

« Bien avant de savoir parler, elle avait commencé à jouer avec sa voix pour accompagner les sons qu’elle entendait de son berceau. (…) Emilie avait une bonne oreille et sa capacité à reproduire un son semblait presque surnaturelle. (…) Elle interprétait des berceuses et des chansons populaires d’une voix claire et douce. » (p 13-14)

Sa destinée est donc toute tracée : Emilie deviendra une grande chanteuse destinée à vivre à Versailles ! Il ne peut en être autrement.

Sa rencontre fortuite avec Marc-Antoine Charpentier va faire basculer la vie de la jeune fille mais également l’existence de ceux qui l’entoure.

Complots, manigances, duperies, tout sera mis en oeuvre par les uns et les autres pour profiter de ce qu’Emilie pourrait leur apporter avec sa voix.

Dans son innocence, Emilie ne voit rien. L’amour du chant l’aveugle.

Enlèvement et duel sont aussi au rendez-vous.

On ne lit pas cet ouvrage, on s’imagine tout simplement être devant un film sublime où l’on rencontre Mme de Maintenon, Mme de Montespan (la favorite de Louis XIV), le roi lui-même mais également Jean-Baptiste Lully, le rival de Marc-Antoine Charpentier.

Le style est fluide, simple mais emporté selon les scènes.

De jeune fille innocente, Emilie va devenir une jeune femme qui éblouit pour tout ce qu’elle apporte : la fraîcheur, la grâce, la douceur.

Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé suivre le parcours d’Emilie Joliecoeur et Susanne Dunlap a un réel talent pour mêler avec brio fiction et histoire. C’est un régal !

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L’assassinat d’Henri IV

Posté par belledenuit le 23 novembre 2009

L'assassinat d'Henri IV dans Historique/Uchronique 51Eg7%2BFXbXL._SL160_AA115_Auteur : Jean-Christian Petitfils

Editions : Perrin (2009)

Nbre de pages : 330

Présentation de l’éditeur :

Le 14 mai 1610, vers quatre heures de l’après-midi, le carrosse découvert, où Henri IV a pris place avec ses principaux gentilshommes, quitte le Louvre et roule dans Paris qui s’apprête à fêter la reine Marie de Médicis, couronnée la veille. Il est arrêté rue de la Ferronnerie par un embarras de charrettes. Aussitôt un étrange rôdeur, habillé à la flamande et armé d’un couteau, saute sur la roue du véhicule et poignarde mortellement le roi. L’homme immédiatement appréhendé – un nommé Ravaillac, d’Angoulême – déclare, même sous la torture, qu’il a agi sans complice, uniquement pour punir le monarque de vouloir faire la guerre aux puissances catholiques et au pape. Qui est-il ? Un fanatique un déséquilibré, un  » fou de Dieu  » ou un fou tout court ? Cet halluciné a-t-il été manipulé par de puissants ennemis du roi, français ou étrangers ? Y a-t-il eu d’autres tueurs ? Reprenant l’ensemble du dossier, Jean-Christian Petitfils propose une piste nouvelle, étayée par un faisceau d’indices troublants. Son livre, véritable enquête policière, est une contribution majeure à la compréhension de l’une des grandes énigmes de l’histoire de France, dont les conséquences politiques et religieuses ont été considérables.

Mon avis :

C’est grâce à Masse Critique  de Babelio que j’ai découvert cet ouvrage qui, je dois bien vous le préciser, est un coup de coeur en cette année 2009 qui s’achève ! Et il était temps parce que c’est le premier de l’année que j’ai !

Je ne connaissais absolument cet historien qu’est Jean-Christian Petitfils mais ce que je peux vous en dire c’est qu’il a une plume délicieuse, qui donne envie de poursuivre encore et encore un ouvrage sans avoir l’envie (malgré la fatigue ou l’heure tardive) de le refermer.

Je me suis littéralement laissée emporter par ce documentaire exceptionnel relatant l’assassinat d’Henri IV par Ravaillac.

Il analyse avec une finesse les documents d’époque et les exploite jusqu’à en donner une conclusion claire et sans équivoque : Ravaillac n’est peut-être pas le seul coupable dans ce régicide !

Partant d’abord d’une analyse de chaque personnage (tant celui du roi de France dont il nous dévoile toutes les facettes que de son parricide), on suit le chemin de chacun de ces hommes avec intérêt.

Je n’ai, à aucun moment, été indisposée dans ma lecture par une quelconque difficulté liée à des incompréhensions sur les termes qu’utilisent normalement les professionnels.

Oui, l’ouvrage est détaillé; oui, Jean-Christian Petitfils, lorsqu’il parle de tous les personnages entourant l’un ou l’autre des protagonistes, indique les titres qu’ils possèdent et leur position vis-à-vis d’Henri IV ou de Ravaillac.

Néanmoins, si l’on veut se plonger réellement dans ce fait historique de manière précise, il ne peut pas en être autrement. Cela ne m’a donc pas déstabilisée, bien au contraire !

J’ai été réellement enchantée d’entrer dans cet ouvrage et déçue de le finir trop vite. J’ai été happée par l’histoire racontée et tenant le style de l’auteur je compte bien poursuivre ma découverte de ces autres ouvrages tant il a su me subjuguer ici.

Un très grand merci à Babelio ainsi qu’aux Editions Perrin pour m’avoir permis de découvrir un auteur mais d’avoir revu en détail une partie de l’histoire de France.

livres, critiques citations et bibliothèques en ligne sur Babelio.com

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La pourpre et l’olivier

Posté par belledenuit le 7 novembre 2009

La pourpre et l'olivier dans Historique/Uchronique 417Y57NYR7L._SL160_AA115_Auteur : Gilbert Sinoué

Editions : Folio (1994)

Nbre de pages : 629

Quatrième de couverture :

Deux siècles après la mort du Christ, l’Eglise chrétienne est encore pourchassée et déjà divisée, tandis qu’un homme, Calixte, se prépare à devenir le seizième successeur de Pierre. Nul n’aurait pu lui prédire pareil destin. Ni les légionnaires qui l’ont enlevé de Thrace et vendu à Rome comme esclave, ni le puissant sénateur qui en fit son banquier, ni Marcia, la concubine de l’empereur Commode à qui l’attache une passion démesurée, et surtout pas les chrétiens eux-mêmes dont il méprise la soumission. De Rome à Alexandrie, d’Antioche aux bagnes de Sardaigne, un homme hors du commun brise les chaînes de la fatalité et entreprend un bouleversant voyage en quête de la Vérité qui le conduira à la charge suprême pour laquelle il était appelé.

Mon avis :

« En un éclair furtif, le flot des souvenirs déferla dans sa mémoire et lui revint l’extraordinaire succession d’évènements qui avait conduit un orphelin thrace, disciple d’Orphée(*), à la succession de Pierre. » (p 12)

Voilà en peu de lignes ce que raconte cet ouvrage. Une oeuvre sublime sur ce que fût Calixte, 16ème pape élu à Rome par le peuple chrétien et les diacres de l’époque. Mais ce n’est pas sans difficultés, ni interrogations qu’il est parvenu à cette place tant convoitée.

J’ai adoré, comme d’habitude d’ailleurs, la façon dont Gilbert Sinoué raconte l’existence de cet homme. Orphiste pur et dur au départ de l’ouvrage, on assiste à une multitude de situations qui vont faire basculer sa vie de jeune homme puis d’adulte.

Devenu esclave à l’âge de 16 ans, il n’aura de cesse, tout au long de sa vie fort périlleuse, de vouloir reprendre ce qu’on lui a volé : sa liberté !

Mais le combat de Calixte ne va pas se borner uniquement à sa liberté physique (si je puis dire). Il s’agira aussi pour lui d’obtenir une liberté de penser sans avoir à craindre ses semblables.

Par ailleurs, un évènement majeur viendra bousculer ses croyances.

Fougueux, caractériel mais surtout rebelle au point même d’y risquer sa vie bon nombre de fois, son combat deviendra surtout celui de tout un peuple qui le soutient. C’est par lui que l’espoir perdure dans une Rome devenue de plus en plus sanglante au fur et à mesure que l’histoire avance.

Ce roman c’est aussi la naissance du christianisme et les difficultés de voir cette religion acceptée en tant que telle : elle a bien du mal à s’imposer face aux différentes religions païennes de l’époque.

Lorsque je me suis lancée dans cette lecture, j’ai cru qu’elle allait être fastidieuse, indigeste. Je m’attendais (encore !) à des réflexions plus théologiques. Eh bien pas du tout ! Je m’étais fortement trompée !

La lecture glisse toute seule. On est totalement imprégné par l’atmosphère romaine de l’époque (en débute en 185 pour venir en 222 après J.C.) grâce aux termes utilisés par l’auteur : on parle par exemple de Lugdunum pour Lyon, « la 5ème heure » représente en fait 10h du matin, « la 6ème veille » équivaut à minuit, un villicus est un chef d’esclave…

On vit alors au même rythme et au même temps que les romains et leurs esclaves. On les suit dans les rues de Rome, mais aussi à Alexandrie puis dans les mines de Sardaigne, dans les arènes lors de jeux ou de combats ou encore aux thermes.

En bref, on est totalement immergé dans cette époque et il est difficile d’en sortir.

Je me suis attachèe très rapidement à Calixte. Cet homme exceptionnel au charisme époustouflant a bien mérité qu’un auteur tel que Gilbert Sinoué le sorte de l’ombre. Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde. Dès que j’avais un moment de libre, je reprenais avec délice cet ouvrage et sur les 100 dernières pages : impossible de le lâcher !

Calixte a été un pape hors du commun reconnu d’ailleurs comme martyr après sa mort. Il donne, de mon point de vue, une vision différente de celle que l’on peut avoir du pape aujourd’hui et de celui qu’il a été à une autre époque.

Vous l’aurez compris : c’est un livre parfait que je recommande fortement  à tous les amoureux d’Histoire antique.

(*) : Sa légende, l’une des plus obscures de la mythologie grecque, est liée à la religion des mystères ainsi qu’à une littérature sacrée allant jusqu’aux origines du christianisme (note de l’auteur p 12)

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Le dernier templier

Posté par belledenuit le 19 octobre 2009

Le dernier templier dans Historique/Uchronique 41hiB0-JwoL._SL160_AA115_Auteur : Raymond Khoury

Editions : Pocket (2008)

Nbre de pages : 596

Présentation de l’éditeur :

Grande soirée de vernissage au Metropolitan Museum de New York où sont présentés les fabuleux trésors du Vatican. Soudain, quatre cavaliers en costume de Templiers sèment l’apocalypse parmi les robes longues et les smokings. En quelques minutes, tout est ravagé. Réfugiée derrière une vitrine, Tess, une brillante archéologue, assiste au pillage. Très vite, elle a le sentiment que ces intrus, loin d’être de simples criminels, ont un lien avec la véritable histoire des Templiers. Seul Sean Reilly, un agent du FBI, fait confiance à l’intuition de la jeune femme. Ensemble, ils vont enquêter sur un mystère ancestral : ces moines-soldats, protecteurs des croisés, ne détenaient-ils pas un secret qui, dévoilé, aurait pu faire chuter le Vatican, l’Eglise et la chrétienté toute entière ?

Mon avis :

Pour moi, ce sera un abandon à 100 pages de la fin.

Le thème m’intéressait fortement (j’adore tout ce qui touche aux Templiers) même si avec L’oracle della Luna que j’ai lu récemment les questions sur le christianisme passaient au second plan cette fois-ci.

J’aurais dû attendre un peu avant de me lancer dans cette lecture, ne serait-ce que pour cet aspect là du livre.

Pourtant, ce n’était pas mal parti de prime abord : des cavaliers qui fondent sur des invités lors d’un vernissage à New York et dont l’un d’entre eux pille un trésor, cela avait de quoi me plaire.

Je me suis dit : « chouette, tu vas avoir droit à un roman d’aventure ».

Bon d’accord, de l’aventure il y en a mais se mêle à cela (encore !) tout un raisonnement sur les différentes religions (christianisme, judaïsme et mulsumane). Et trop c’est trop !

En plus du reste, les personnages sont trop stéréotypés : Tess est belle, intelligente même si sa vie d’avant n’a pas été particulièrement gaie; Sean, l’agent du FBI, est parfait, fort, gentil et très croyant. Bon ben, pas de chance pour lui parce que Tess, elle, est beaucoup plus pragmatique (zut, là je vous en dis un peu trop).

En gros, je n’arrive plus à poursuivre ce bouquin et j’ai donc décidé de l’abandonner purement et simplement. Je n’ai même pas envie de savoir ce qui finalement se trouve au fin fond de l’océan pour que le Vatican envoie un ecclésiastique sans scrupule qui mettra tout en oeuvre pour que la planète entière ne sache jamais ce qui s’y cache.

Les avis de ratsdebiblio, biblioblog, Miss Alfie (si vous avez vous aussi lu ce livre, n’hésitez pas à me laisser votre lien dans les commentaires pour que je puisse le rajouter).

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L’oracle della Luna

Posté par belledenuit le 12 octobre 2009

L'oracle della Luna dans Aventure 51OxOArskmL._SL160_AA115_Auteur : Frédéric Lenoir

Editions : Albin Michel

Nbre de pages : 617

Présentation de l’éditeur :

Qui est Luna, la belle sorcière aux cheveux de feu ? Quelle malédiction frappe le blessé retrouvé dans sa cabane des Abruzzes ? Qui sont les hommes masqués de noirs acharnés à sa perte ? Quelles paroles terribles dissimule ce mystérieux parchemin qui ne doit surtout pas arriver jusqu’aux mains du pape ?

Au coeur d’un XVIème siècle hanté par les querelles religieuses et philosophiques, le nouveau thriller historique de Frédéric Lenoir nous entraîne des palais aux prisons de Venise, du Mont Athos au bagne des corsaires d’Alger, de Jérusalem au ghetto de Chypre. Un grand roman d’amour et d’aventures où passion, mort, mystique chrétienne et soufie, astrologie et kabbale rythment la quête initiatique de Giovanni, le jeune paysan qui avait osé lever les yeux sur la fille des Doges.

Mon avis :

J’ai terminé cette lecture hier soir et très franchement j’ai été retournée par ce que j’ai lu.

En premier lieu, je tiens à préciser que je ne suis pas d’accord avec la présentation de l’éditeur qui indique que cet ouvrage est un « thriller ». Bien souvent, cela porte à confusion pour nous, lecteurs assidus, qui savons pertinemment que le thriller va nous faire stresser, trembler et risque même de nous faire sursauter à certains moments.

Il n’en est rien concernant cet ouvrage. Je le classe plus volontiers dans la catégorie historique/aventure.

Parce que de l’aventure avec Giovanni, il y en a. On ne s’ennuie pas du tout et on voyage : on démarre en Italie, puis nous nous embarquons vers la Grèce pour aller ensuite à El Djezaïr (qui était le nom de la ville d’Alger à l’époque) et revenir enfin en Italie.

Il y a aussi des réflexions philosophiques, théologiques et même astrologiques qui sont intéressantes même si par moment j’en ai trouvé certaines un peu longue. Cependant, tout est important quand on arrive au bout de l’ouvrage et que nous entamons l’épilogue.

Il faut donc tout assimiler et ce parcours initiatique de Giovanni devient finalement aussi le nôtre.

On rencontre des personnages influents pour ce jeune homme et qui vont l’aider dans sa « quête ». Et il y en a d’autres qui tenteront de détourner de sa voie (on rencontre notamment le fameux corsaire Barberousse et on a même droit à l’histoire de cet homme qui sema la terreur sur la Méditerranée pendant de nombreuses années).

Tout a été regroupé ici pour que le lecteur apprécie pleinement cet ouvrage et effectivement j’ai été conquise (hormis la fin parce que j’attendais autre chose, même si après réflexion il ne pouvait en être autrement).

Mais attention : pour ceux ou celles qui seraient allergiques aux questionnements du Soi, de l’amour de Dieu et de ce qu’Il nous apporte, de la naissance de Jésus Christ…, cet ouvrage risque d’être indigeste. Par moment, j’aurais aimé qu’il y ait un peu plus d’action et moins de blabla; que l’histoire avance un peu plus vite mais quand on voit où il aboutit, on comprend pourquoi l’auteur a pris tout son temps pour placer les échanges de Giovanni avec divers personnages érudits (en religion chrétienne, orthodoxe ou mulsumane).

Les avis de Biblioblog, ratsdebiblio, Sylvie, Miss Alfie.

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Les amants de pierre

Posté par belledenuit le 6 octobre 2009

Les amants de pierre dans Historique/Uchronique 51WSWTYSJ4L._SL160_AA115_Auteur : Jane Urquhart

Editions : Seuil (2006)

Nbre de pages : 379

Présentation de l’éditeur :
Dans les lettres enflammées qu’il envoie au roi Ludwig de Bavière, le père Gstir dépeint un Canada sauvage et fascinant, peuplé de bêtes fauves, de loups gigantesques et d’ours polaires. Il est bien décidé à impressionner ce roi fou qui l’a envoyé évangéliser ces terres hostiles. Avec l’aide de son ami Jo Becker, il réalisera son rêve : faire naître un village dans ce grand nulle part. Au début du XXe siècle, Klara Becker se souvient…

Mon avis :

Ce livre était sur mes étagères depuis Noël dernier. Il faisait partie des ouvrages que j’ai reçus en cadeau à la suite d’une liste que j’avais faite sur un site.

La quatrième de couverture m’avait interpellée et j’avais grandement envie de connaître cette auteure. Je voulais aussi découvrir le Canada et voir comment les villages puis les villes s’étaient développés.

Je vous dirai que malgré tout l’enthousiasme que ce bouquin a pu susciter de ma part avant son ouverture, j’ai vite déchantée.

C’est vrai, on vit des moments particuliers avec Klara mais aussi avec son père, son frère, les amis de ce dernier.

Cependant, ce n’est pas la vie d’un village à naître spécialement, ni des relations réelles qui se font entre le père Gstir, envoyé par l’évêque dans cette région reculée du Canada,  et la population peu habituée à voir un homme d’Eglise.

Je dirai plutôt qu’il s’agit des lamentations d’une vieille fille de 38 ans qui se souvient de ce qu’était sa vie de jeune fille, de jeune femme.

Très franchement, je n’ai eu aucune empathie pour Klara. A aucun moment, je n’ai pu m’identifier à cette personne.

L’auteure écrit vraiment très bien. Là n’est pas du tout le problème. On est d’ailleurs ici dans un roman narratif. Les dialogues, quand ils ont lieu, tiennent peu de place.

Jane Urquhart joue avec la poésie; elle donne du souffle à son ouvrage en peignant avec les mots ces paysages mais aussi les sentiments qu’ont ses personnages. Elle le fait d’ailleurs avec brio. Et tant mieux pour moi !

Malgré tout, je l’ai trouvé long la plupart du temps et difficile à suivre (surtout dans la première partie où Jane Urquhart fait des allers-retours entre la période de récit de Klara et celle du père Gstir plusieurs décennies avant).

Seuls certains évènements m’ont vraiment plu (la découverte par Tilman – le frère de Klara – de ce qu’est l’amour entre un homme et une femme d’une façon hors du commun; dans quelles conditions le mémorial de Vimy a été élaboré – le « monument » tient d’ailleurs toute la dernière partie).

En gros, c’est une déception pour moi. J’ai eu du mal à entrer dans l’histoire, à la poursuivre et à aller jusqu’au bout. Heureusement que certains passages sont très intéressants à lire sinon je crois bien que je l’aurai abandonné.

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Iacobus

Posté par belledenuit le 17 août 2009

Iacobus dans Aventure 41QS2XE8JAL._SL160_AA115_Auteur : Matilde Asensi

Editions : A vue d’oeil

Nbre de pages : 504

Quatrième de couverture :

Il a excité l’imagination de ses contemporains, la convoitise des plus puissants… C’est l’un des secrets les mieux gardés, une énigme demeurée à jamais inexpliquée qui a fait couler tant d’encre, éveillé tant de fantasmes que l’on a peine à croire à son existence… Et pourtant, si le trésor des Templiers, dont les richesses excèdent encore tout ce que l’on a pu imaginer, était tout bonnement caché sur le célèbre chemin de Compostelle ?

Mon avis :

C’est un livre que j’ai bien aimé. Il m’a permis de me changer les idées et de beaucoup voyager puisque nous débutons cette histoire en Espagne et que Galceran de Born nous emmène en Avignon, à Paris, puis en Navarre et en Castille pour finir dans une petite bourgade portugaise : Serra d’El-Rei.

L’histoire est également agrémentée des légendes sur les Templiers.

Etant fascinée par cet Ordre, c’est avec délectation que je lisais cet ouvrage et m’imaginais aux côtés de Galceran pour trouver, tout comme lui, les fameux trésors cachés et non trouvés à la suite de la dissolution de l’Ordre des Templiers par Philippe IV.

Galceran va avoir une double enquête à mener. En tant que Perquisitore, il est LA personne que le Pape souhaite avoir à ses côtés en ces moments de trouble (un nouvel Ordre, au Portugal, est sur le point de naître mais ne serait-il pas composé des anciens Templiers ?)

De voyages en mensonges, Galceran va mener de main de maître cette aventure dans laquelle il fera des rencontres pas si amicales qu’il pourraît paraître.

Cependant, si l’histoire m’a beaucoup intéressée, j’ai trouvé que Matilde Asensi n’avait pas fait suffisamment dans la profondeur. Par moment, j’avais un manque.

Tout allait trop vite et c’était un peu trop facile.

D’accord, dès le départ, nous savons que Galceran est un homme très intelligent et capable de résoudre des énigmes très compliquées en un temps reccord. Mais tout de même, je m’attendais à autre chose.

Ce sera d’ailleurs le seul reproche que je ferai à cet ouvrage et si, en ces temps de canicule, vous souhaitez vous y plonger dedans, surtout n’hésitez pas. Il vaut le détour.

Un extrait pour le plaisir :

« Selon la légende qui avait circulé de bouche à oreille et fait le tour de la chrétienté, quand les flammes du bûcher sur lequel brûlait Jacques de Molay, ultime grand maître de l’Ordre, tremblèrent sous une forte rafale de vent, le condamné demeura visible quelques instants. Profitant de cette trouée, le grande maître, qui avait la tête levée vers la fenêtre du palais où se trouvaient le roi, le pape et le Garde des Sceaux, hurla à pleins poumons : « Nekan, Adonai ! … Chol Begoal… Pape Clément V ! … Chevalier Guillaume de Nogaret ! … Roi Philippe IV ! : je vous condamne à comparaître devant le tribunal de Dieu avant une année pour recevoir votre juste châtiment… Maudits ! Maudits soyez-vous jusqu’à la treizième génération ! » (…) Le plus terrible fut qu’en effet la malédiction s’accomplit : les trois hommes moururent dans l’année. » (p. 50-51)

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La voleuse de livres

Posté par belledenuit le 17 juillet 2009

La voleuse de livres dans Historique/Uchronique 51ZUKxor7wL._SL160_AA115_Auteur : Markus Zusak

Editions : Pocket Jeunesse (2007)

Nbre de pages : 559

Présentation de l’éditeur
Un roman où il est question : d’une fillette, de mots, d’un accordéoniste, de fanatiques, d’un boxeur juif, d’un certain nombre de vols… C’est la Mort elle-même qui raconte cette histoire. Dotée d’un humour noir, sarcastique, mais compatissant, elle est témoin de la folie des hommes. Tout semble perdu d’avance, sauf quand se distinguent des enfants rebelles et des Allemands qui n’obéissent pas aux règles… Quand la mort vous raconte une histoire, vous avez tout intérêt à l’écouter !

Mon avis :

Lorsque, au départ, j’ai emprunté cet ouvrage à ma bibliothèque, c’était pour comprendre et voir par moi-même pourquoi ce livre faisait tant parler de lui sur la blogosphère.

J’ai attendu néanmoins quelques temps avant de m’y pencher parce que plus je vois un bouquin sur les blogs et curieusement moins j’ai envie de le lire.

Quoi qu’il en soit, je l’ai ouvert, je l’ai lu et le voilà refermé depuis peu. Et qu’en ressort-il ?

Beaucoup de choses (en émotions surtout) et peu de mots qui arrivent à le définir.

Il est prenant. Très prenant. Il est fort, en mots. Il est beau (malgré l’histoire sur laquelle il repose).

Pourtant, au début, c’était très mal parti. Je vous l’avoue sans honte.

Les livres qui parlent de la Seconde Guerre Mondiale notamment ne me disent plus rien. J’avais dû lire « Le rapport de Brodeck » le mois dernier pour le Prix des Lecteurs et j’avais eu du mal à véritablement m’intégrer dans l’histoire (tenant également la façon dont l’auteur avait pris son récit).

Je me trouvais là, une fois encore, avec « La voleuse de livres » cette fois-ci, dans le même genre de lecture (du moins c’est ce que je pensais).

Je me suis dit : « Que vas-tu faire maintenant que tu réalises sur quoi repose cette histoire ? » Et là deux questions se sont imposées à moi : « Est-ce que tu continues ? » ou « Est-ce que tu t’arrêtes ? »

J’ai malgré tout continué. Et non de non je ne regrette absolument pas !

Je me suis attachée à Liesel (peut-être même dès le départ sans m’en rendre compte). Je ne pouvais pas la laisser sans savoir ce qui allait advenir de cette petite personne.

C’est à travers la mort, car c’est elle qui nous parle, que l’histoire nous est contée. L’histoire d’une existence. Celle d’une jeune fille qui dans une ville allemande entre 1939 et 1945 va vivre une période traumatisante mais va connaître aussi l’amour (celle d’une famille nourricière) et surtout l’amitié.

Une amitié interdite tenant ces temps ravagés par l’antisémitisme.

Alors, on lit. Sans réserves, sans chercher à éviter l’inévitable. Parce qu’on sait, ou du moins on se doute, que certaines choses vont se produire. Et on arrive au bout de l’ouvrage, une boule au fond de la gorge.

Comme tant d’autres livres que j’ai découverts sur ce thème là, je ne peux pas vous dire que j’ai aimé ou pas cet opus de Markus Zusak.

Mais une chose est sûre et certaine : jamais je n’ai lu aussi « facilement » et sans appréhension un livre de ce genre.

L’auteur écrit avec une telle justesse et les mots sont tellement bien choisis que tout coule aisément. Le style est simple mais nous sommes là dans de la littérature jeunesse et c’est tout aussi bien.

Par ailleurs, le fait que ce soit la mort qui nous parle directement rend peut-être la lecture moins difficile puisque l’on « voit » alors à travers elle tout ce qui se passe. Et quelque part, elle nous apaise dans les malheurs de l’Histoire car voilà comment elle se présente :

« Je peux vraiment être enjouée. Je peux être aimable. Affable. Agréable. Et nous n’en sommes qu’aux « A« . (…) Je pourrais me présenter dans les règles, mais ce n’est pas vraiment nécessaire. Vous ferez bien assez tôt ma connaissance, en fonction d’un certain nombre de paramètres. Disons simplement qu’à un moment donné, je me pencherai sur vous, avec bienveillance. Votre âme reposera entre mes bras. Une couleur sera perchée sur mon épaule. Je vous emporterai avec douceur… » (p 9-10)

Du coup, on ne craint plus rien et on lit jusqu’au bout ce très beau bouquin.

Retrouvez tous les avis sur cet ouvrage sur BOB.

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La marque de Windfield

Posté par belledenuit le 4 juillet 2009

La marque de Windfield dans Historique/Uchronique 513D2JWQ5JL._SL160_AA115_Auteur : Ken Follett

Editions : Le livre de poche (2008)

Nbre de pages : 626

Quatrième de couverture :

L’auteur de l’inoubliable fresque des Piliers de la Terre nous emmène ici au coeur de l’Angleterre victorienne. En 1866, plusieurs élèves du collège de Windfield sont les témoins d’un accident au cours duquel un des leurs trouve la mort. Mais cette noyade est-elle vraiment accidentelle ? Ce drame va marquer à jamais les destins d’Edward, riche héritier d’une grande banque, de Hugh, son cousin pauvre et réprouvé, de Micky Miranda, fils d’un richissime Sud-Américain. Autour d’eux, des dizaines d’autres figures évoluent, dans cette société où les affaires de pouvoir et d’argent, de débauche et de famille se mêlent inextricablement derrière une façade de respectabilité…

Mon avis :

L’année dernière, j’avais lu « Les Piliers de la Terre » que j’avais beaucoup aimé.

Cet été, pour la lecture commune d’un forum dont je fais partie, c’est « La marque de Windfield » qui était à l’honneur. J’ai également apprécié ma lecture mais d’une façon toute différente.

Ce livre là aurait d’ailleurs pu être proposé dans le cadre du Blogoclub puisqu’il entrait parfaitement dans le cadre du thème à l’honneur pour le 1er juillet : la famille.

Et quelle famille, dites donc !!!

Je suis encore « choquée » par tout ce qui s’est passé chez les Pilaster, grande famille de banquiers du XIXème siècle anglais.

Beaucoup de personnages, beaucoup de caractères différents et énormément d’intrigues.

Ken Follett ne fait pas dans la demie mesure sur ce coup là : les méchants le sont grandement (fourbes à outrance et cupides au point que tous les moyens sont bons pour parvenir à leurs fins) et les gentils se tirent toujours des mauvais pas dans lesquels on voudrait les mettre. Toujours ? Non, pas exactement. Un seul en fait mais pas le moindre : Hugh Pilaster, le neveu appauvri de Joseph Pilaster, à la suite d’une faillite dont l’entreprise de son père a fait l’objet.

Son but sera de revenir au rang qui lui est dû en prouvant ses capacités à gérer la banque familiale.

Le livre est intéressant à découvrir; le style simple qui permet une lecture fluide et étonnement rapide (j’ai lu ce pavé de plus de 600 pages en moins de 3 jours ! un record !).

La vie de Hugh est loin d’être facile, semée d’embuches bien entendu et l’histoire familiale est pimentée par le décès de Peter Middleton à la suite d’une noyage qui ne paraît pas si accidentelle que ça.

On suit la narration avec intérêt la plupart du temps (tant pour la vie de Hugh que pour connaître ce qui s’est réellement passé à Bishop’s Wood) même si par moment je me doutais où j’allais arriver dans l’intrigue. C’est dommage et ça gâche un peu notre plaisir de découvrir ce qui va se dérouler par la suite.

Certains actes sont prévisibles mais il n’en demeure pas moins que j’avais du mal à lâcher cet ouvrage. Seuls le sommeil et des activités beaucoup moins intéressantes que la lecture me sommaient de fermer ce livre. Mais c’était finalement pour mieux y revenir.

Du coup, même s’il n’est pas de la même trempe que « Les Piliers de la Terre« , je vous le conseille quand même. On y passe un bon moment de lecture.

D’autres avis positifs : Lou et Pimpi.

Jules, par contre, n’est qu’à moitié convaincue du talent de l’auteur.

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Les vivants et les ombres

Posté par belledenuit le 16 avril 2009

 Lu dans le cadre du Prix des Lecteurs 2009

Les vivants et les ombres dans Historique/Uchronique 41XxBJlq4rL._SL160_AA115_Auteur : Diane Meur

Editions : Le Livre de Poche (2009)

Nbre de pages : 633

Présentation de l’éditeur :
1821. En Galicie, alors rattachée à l’empire habsbourgeois, l’obscure famille Zemka reconquiert le domaine fondé par un ancêtre issu de la noblesse et s’engage fiévreusement dans la lutte d’indépendance de la Pologne. Pour retracer son ascension puis sa décadence, Diane Meur convoque une singulière narratrice : la maison elle-même qui, derrière sa façade blanche et son fronton néoclassique, épie ses habitants. Indiscrète et manipulatrice, elle attise les passions, entremêle les destins, guette l’écho des événements qui, des révolutions de 1848 aux tensions annonciatrices du désastre de 1914, font l’histoire de l’Europe. Les femmes surtout, condamnées à la réclusion dans la sphère domestique, la fascinent. L’une d’elles, enfin, va réussir à s’en aller…

Mon avis :
Voilà un livre que je n’oublierai pas de si tôt. Il englobe tant de choses, tant d’émotions à la fois et le récit est tellement prenant que si vous vous décidez à l’ouvrir, vous aurez bien du mal à le fermer.
On est littéralement happé par l’histoire de cette famille Zemka : les amours, les haines, les mariages arrangés afin que l’affaire de la famille continue de prospérer… Tout est mis en oeuvre pour nous faire garder cet ouvrage en mains.
Les personnages sont attachants pour la plupart; d’autres sont plus détestables. Mais on ne les quitte les uns et les autres qu’avec regret.
Ce roman épique se déroule sur une durée d’un siècle et nous est raconté par la maison elle-même. On suit la vie et les déboirs de Clara et Jozef, dans un premier temps, puis de leurs cinq filles : Maria, Urszula, Wioletta (qui m’a le plus touchée et émue), Jadwiga et enfin Zosia.
Mais cet ouvrage c’est aussi l’Histoire d’un pays qui n’a cessé d’évoluer depuis le milieu du 19ème siècle.
On participe à cette évolution par la renonciation aux peines corporelles des maîtres sur les serfs pour poursuivre sur des idées plus révolutionnaires qui mettra fin à l’esclavage dans ce pays.

« - Des serfs ? Des polonais, mon oncle. Qu’importe l’inégalité de rang quand la patrie est en jeu ? Ils chérissent autant que nous la liberté, et la liberté est une : il n’y aura plus ici, un jour prochain, ni serfs ni maîtres, mais un peuple d’êtres libres, forts et solidaires.
(…)
- Tu préconises, en somme, l’abolition du servage.
- Bien sûr. De tels liens entre les hommes sont indignes du monde nouveau que nous voulons bâtir. Des êtres émancipés, égaux devant la loi, oeuvrant à armes égales à s’enrichir, voilà sur quoi l’on fonde une société morderne(…) »
(p 112/113)

Cet ouvrage est donc également une oeuvre sur la liberté acquise par ce peuple et les difficultés rencontrées pour y parvenir.
Mais si pour un ruthène (un serf), cette liberté suppose avoir sa propre terre et pouvoir en vivre, que peut-elle être pour les habitants de cette demeure, vivant sous le joug de Jozef Zemka ?
Un être calculateur et manipulateur qui ne voit dans la vie et la société que ce qu’elle peut lui rapporter. Peu importe alors ce que cela entraîne pour son épouse ou ses enfants.
La nature a voulu qu’il ait cinq filles. Cinq filles qu’il faudra marier avec une dot ! Quel malheur !
Alors, il fera tout pour leur trouver les meilleurs partis possibles de façon à en profiter d’une manière ou d’une autre. Mais le destin s’acharne et tout ne se passera pas comme prévu.
Ce livre faisant plus de 600 pages, il y aurait beaucoup à en dire.
Cependant, je vais écourter ici ma chronique, ayant trop peur, au final, de vous en dire plus qu’il ne faudrait.
Je vous laisse un seul conseil : lisez-le !

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