Cap Horn

Posté par belledenuit le 10 novembre 2009

Cap Horn dans Theatre/Nouvelles 51FCXQ8J22L._SL160_AA115_Auteur : Francisco Coloane

Editions : Phébus Libretto

Nbre de pages : 182

Présentation de l’éditeur :

De tous les livres qu’il a laissés. Coloane aimait à rappeler que si Tierra del Fuego était son préféré., ses lecteurs, eux, avaient toujours placé Cap Horn au plus haut. Entre les deux recueils, c’est au reste le même monde qui déploie ses noirs prestiges : ce Grand Sud chilien balayé par tous les vents de l’enfer, terre de désolation et école de solitude. Le climat brutal des récits, le traitement si particulier de la narration – débarrassée de toute  » littérature  » -, le style abrupt : autant d’éléments communs à ces deux volumes jumeaux qui semblent avoir été composés d’une seule coulée. Une fois de plus, Coloane raconte à son lecteur des histoires qui l’empêcheront de dormir – mais qui l’aideront à respirer en secrète harmonie avec le monde.

Mon avis :

J’avais lu l’année dernière du même auteur Le dernier mousse qui m’avait bien plu même s’il manquait quelque peu de précisions dans cet ouvrage que j’avais donc trouvé trop court à mon goût.

Néanmoins, j’avais littéralement accroché avec le style très particulier de Francisco Coloane et Cap Horn ne fait pas exception.

J’ai encore une fois beaucoup aimé me plonger dans cette atmosphère pesante, frigorifiante de la Terre de Feu.

Il s’agit ici de 14 nouvelles dans lesquelles Coloane nous décrit le quotidien de ceux qui vivent sur ces terres isolées et plus qu’inhospitalières surtout dans les mois d’hiver.

La dureté de la vie, la solitude, le manque de femme aussi entraînent des situations telles que l’homme en devient fou et franchit parfois le pas du suicide.

Cette finalité n’arrive en fait qu’à ceux qui ne sont pas originaires de ce pays. Les étrangers ont beaucoup de mal à s’habituer à la neige, au froid, au vent d’ouest alors que les natifs de l’île, lorsqu’ils s’en éloignent, y reviennent pour finir leur existence.

Francisco Coloane nous fait voyager à travers cette Terre de Feu en nous menant à Punta Arenas, au phare Evangelistas ou sur une petite île où les femelles phoques mettent bas, La Pajarera.

A travers ces différentes nouvelles, l’auteur nous dévoile les difficultés que rencontrent ces hommes pour vivre dans des conditions extrêmes mais aussi l’impact qu’ont les éléments extérieurs sur leur moral.

Bien que très intéressant à lire et à découvrir, la mort est omniprésente (tant humaine qu’animale puisque la dernière nouvelle touche le massacre des bébés phoques pour leur peau). Sur la dernière nouvelle, il m’a fallu vraiment m’accrocher tant les mots abrupts de l’auteur me touchaient sincèrement.

Je ne suis pas du tout une fervente de nouvelles mais celles de ce recueil ont la particularité d’être finalisées. Je ne suis pas restée sur ma faim/fin !

Un brin de fantastique apparaît aussi selon les récits dans lesquels vous vous plongerez si vous vous décidez à ouvrir cet ouvrage.

Personnellement, c’est une deuxième très bonne découverte et je compte bien continuer à lire cet auteur fabuleux.

Quelques extraits pour se donner une idée sur cette Terre de Feu :

« Le vent mugissait sur la plaine gelée, soulevant des nuées de neige qui voilaient l’horizon, telle une mer démontée dont les vagues éclateraient au loin en gerbes cendrées. La petite maison du Poste 22 de l’estancia China Creek, en Terre de Feu, faisant songer à un récif isolé au milieu d’un océan poudreux. » (p 9)

« Le vent d’ouest s’apaise le matin, disparaît à la mi-journée et revient au crépuscule, pour se déchaîner la nuit. » (p 19)

« Nous étions à la mi-décembre et la nuit, sous ces lattitudes, est presque inexistante; les jours se mordent la queue, car à peine le crépuscule commence-t-il à étendre ses ombres que la clarté laiteuse de l’aurore les efface. » (p 25)

« (…) cette Terre de Feu n’est pas aussi dure qu’on le dit. En hiver, la neige envahit tout, mais les étés, bien que brefs, sont resplendissants de lumière; le soleil est un vrai soleil et non cette lueur blafarde qui, la plupart du temps, baigne paresseusement la plaine. » (p 82)

« Cinq cavaliers galopaient dans la nuit sur un plateau fouetté par la grêle, la neige et le vent. Ils allaient sur de grands chevaux sombres et vigoureux, suivis de huit chiens qui trottaient par paires à côté de la monture de leur maître. Ce groupe d’hommes et de bêtes de déplaçait telle une ombre dans l’obscurité tourmentée. Les ponchos noirs flottaient au-dessus des croupes luisantes des chevaux, au rythme du galop, comme les bannières d’un étrange escadron, ondulant dans les hurlements du vent, les rafales glacées et les terribles assauts de la tempête qui faisaient tressaillir ces corps endurcis. » (p 109)

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Survivants

Posté par belledenuit le 2 décembre 2008

Survivants dans Theatre/Nouvelles 41SKWKDC14L._SL160_AA115_Auteur : Russell Banks

Editions : Acte Sud (1999)

Nbre de pages : 253

Présentation de l’éditeur :
Situées pour la plupart dans le New Hampshire et le Massachusetts, au sein d’un décor de neige et de glace, ces nouvelles écrites entre 1970 et 1974 explorent les formes contemporaines de certaines obsessions profondément enracinées dans l’inconscient collectif américain. Problèmes familiaux, questions raciales, relations entre père et fils… autant de thèmes qui n’ont cessé de s’affirmer dans l’oeuvre ultérieure de Russell Banks. Parfois minimalistes ou intimistes, ces textes où, sans coup férir, se manifeste déjà l’engagement de l’écrivain sur le plan social et politique sont servis par une langue précise, efficace et forte, et par un art de la narration exemplaire.

Mon avis :

Russell Banks est un auteur que je ne connaissais pas avant d’avoir ouvert ce recueil de nouvelles. Je ne peux pas dire que son style m’ait déplue mais je dois quand même indiquer que j’ai eu du mal à m’accaparer les histoires. Il faut dire que la solitude, le mal-être, la mort sont très présents et tenant les circonstances actuelles dans ma vie (ou plutôt dans la vie de mon mari), j’aurais eu besoin d’une lecture beaucoup plus légère ce qui aurait peut-être eu pour résultat une lecture différente que celle que j’ai faite.

J’ai manqué de décrocher vers la moitié du livre mais j’ai voulu persister jusqu’à la fin.

La dernière nouvelle est très forte en émotion et dit une vérité qu’il ne faut surtout pas oublier : dire aux êtres qui nous sont chers à quel point nous les aimons et ce le plus souvent possible, avant qu’un imprévu ne vienne perturber notre existence et nous empêche d’exprimer nos sentiments envers toutes ces personnes qui nous entourent.

J’ai peu accroché sur celles plus agressives que ce soit en faits ou en mots. Mais il faut bien noter que derrière cette agressivité se trouve quelque chose de beaucoup plus profond. Les personnages se cherchent en tant que personne mais aussi en tant qu’individu dans une Société.

Même si ces nouvelles ont été écrites par l’auteur dans les années 1970, il n’en demeure pas moins que les thèmes qu’il aborde sont toujours autant d’actualité en ce XXIème siècle.

Globalement, et pour conclure, je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé ce recueil mais d’une part je ne suis pas particulièrement attiré par ce genre littéraire (je lis donc les nouvelles avec des “pincettes”) et d’autre part je n’en ferai quand même pas mon livre de chevet.

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