L’affaire Jane Eyre

Posté par belledenuit le 7 avril 2010

L'affaire Jane Eyre dans Policier/Thriller 51W1W9JDCDL._SL160_AA115_Auteur : Jasper Fforde

Editions : 10/18 (2005)

Nbre de pages : 410

Présentation de l’éditeur :

Dans le monde de Thursday Next, la littérature fait quasiment office de religion. A tel point qu’une brigade spéciale a dû être créée pour s’occuper d’affaires aussi essentielles que traquer les plagiats, découvrir la paternité des pièces de Shakespeare ou arrêter les revendeurs de faux manuscrits. Mais quand on a un père capable de traverser le temps et un oncle à l’origine des plus folles inventions, on a parfois envie d’un peu plus d’aventure. Alors, lorsque Jane Eyre, l’héroïne du livre fétiche de Thursday, est kidnappée par Achéron Hadès, incarnation du mal en personne, la jeune détective décide de prendre les choses en main et de tout tenter pour sauver le roman de Charlotte Brontë d’une fin certaine…  » Au croisement du roman policier et de l’uchronie déjantée, Jasper Fforde signe un ouvrage jubilatoire.  » Le Monde des livres.

Mon avis :

Ce livre est à la fois un policier qui détient un brin de science-fiction, dont les noms des personnages sont pour le moins loufoques (a-t-on idée d’appeler l’héroïne Jeudi Prochain (Thursday Next) ou encore l’un des personnages M. Maird ?!).

Du coup, lorsque l’on mélange le tout, ça donne un ouvrage pour le moins bizarre.

Du côté de l’histoire, si j’ai apprécié la nature policier de l’ouvrage et donc les recherches effectuées pour retrouver les manuscrits dérobés, je n’ai pas, par contre, accroché au côté science-fiction (le temps qui s’arrête lorsque le père de Thursday arrive, un gros trou noir en plein centre-ville qui aspire voitures, moto, passagers…). Je reste totalement imperméable à ce genre de choses. Je suis trop terre à terre, je crois.

J’ai trouvé que ça donnait un manque de crédibilité sur certains passages d’autant que cela n’apporte rien à l’histoire (si ce n’est pour marquer le caractère de Thursday et de ce qu’elle est capable de faire quoi qu’il lui en coûte).

En dehors de ce bémol, la possibilité qu’offre l’auteur en mêlant personnages fictifs de son propre livre et ceux de la Grande Littérature a été intéressante même si j’ai trouvé ça déplacé, d’une certaine façon. Tout comme le sont les théories sur le réel auteur des pièces écrites par Shakespeare.

En ce qui me concerne, j’ai trouvé que ça ne faisait que du remplissage.

Malgré tout, Jasper Fforde a un style qui se lit facilement; il n’oublie pas d’y mettre même de l’humour. Le tout donne un effet rafraîchissant. Je ne compte pas le nombre de fois où j’ai souri et même pouffé selon les situations où se trouvait Thursday. Un peu de légèreté ça fait du bien. C’est d’ailleurs l’une des raisons qui m’a poussée à aller jusqu’au bout du livre.

L’autre raison concerne les personnages et contrairement à ce que tout le monde pourrait croire (en tout cas pour ceux qui ont lu le livre) ce n’est pas celui de Thursday qui a eu la côté chez moi. Le grand vainqueur est Achéron Hadès. Il est suprenant, détestable et indétectable. En gros : quasi- invicible.

Je me suis vraiment demandée comment Thursday allait régler le problème de ce méchant là.

Le rapport de force entre les deux est inéluctable et forcément on sait par avance que le Bien triomphe toujours du Mal. Mais tout n’est pas gagné d’avance et l’adversaire, machiavélique au possible, va tout faire pour parvenir à ses fins.

Un combat acharné est alors ouvert entre Thursday et Achéron et les autres personnages ne sont là finalement que pour soutenir l’un ou l’autre de ces deux protagonistes.

On a donc droit à des méchants vraiment méchants (même si certains ne le sont pas autant qu’on veut nous le faire croire) et il y a des gentils très gentils (même si certains ne sont moins qu’on pourrait le croire). Eh oui ! On a toute une panoplie de personnages avec L’affaire Jane Eyre.

Pour résumer, cette lecture n’a pas été désagréable mais elle n’a pas été exceptionnelle non plus. La fin est à la sauce hollywoodienne (tout est bien qui finit bien) et là je me demande si ce n’est pas moi, cette fois-ci, qui vais écrire un bouquin et utiliser le Portail de la Prose pour modifier la fin de ce livre là ! Ce serait rigolo (mais peut-être pas pour l’auteur !).

Edit du 16.04.2010 : Vu que je pense poursuivre malgré tout cette série, voilà les ouvrages suivants :

  • Tome 2 : Délivrez-moi !

  • Tome 3 : Le puits des histoires perdues

  • Tome 4 : Sauvez Hamlet !

  • Tome 5 : Le début de la fin

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Récapitulatif de mes lectures de mars 2010

Posté par belledenuit le 3 avril 2010

Voilà le moment tant attendu où je vous récapitule mes lectures du mois.

En récupérant les titres, je peux vous indiquer que j’ai encore fait de superbes découvertes, notamment en jeunesse mais aussi du côté policier/thriller.

Il y a eu malgré tout quelques petites déceptions mais rien de bien grave. Après tout, tous les livres ne peuvent pas nous plaire systématiquement.

Et maintenant la liste des ouvrages pour ce mois de mars et celui pour qui j’ai réellement eu un coup de coeur :

  • L’affaire des poisons de Jean-Christian Petitfils

  • Young Samuraï (T1) : La voie du guerrier de Chris Bradford

  • Young Samuraï (T2) : La voie du sabre de Chris Bradford

  • Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll

  • Replay de Ken Grimwood

  • Le chien des Baskerville d’Arthur Conan Doyle

  • La nuit de l’oracle de Paul Auster

  • Shutter Island de Dennis Lehane

  • Fablehaven (T1) : Le sanctuaire secret de Brandon Mull

  • Les hommes dénaturés de Nancy Kress

  • Les aventures d’Oliver Twist de Charles Dickens

Après avoir eu une difficulté pour départager deux ouvrages, je pense vous dire malgré tout que mon livre du mois est Shutter Island de Dennis Lehane. Je me suis vraiment régalée tout au long de l’ouvrage et je ne peux que vous pousser à le lire si ce n’est pas encore fait. Prévoyez néanmoins de démarrer votre lecture en tout début de week-end ou pendant des vacances parce qu’une fois que vous l’aurez commencé, vous aurez bien du mal à le lâcher ! Rire

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Les amants de Venise

Posté par belledenuit le 2 avril 2010

Les amants de Venise dans Classique 9782846331098Auteur : Michel Zevaco

Editions : AlterEdit (2006)

Nbre de pages : 293

Présentation de l’éditeur :

Au début du XVIe siècle, le pouvoir de Venise est encore considérable et la position du Doge de la Sérénissime suscite bien des convoitises et bien des jalousies. Un jeune homme, Roland Candiano, fait pourtant trembler la noblesse vénitienne. Il est devenu un bandit célèbre, aimé du peuple, depuis que son père a été déchu de ses droits et est devenu fou. Avec sa bande, Roland Candiano va mettre au point sa propre vengeance et détruire au fur et à mesure, tous ceux qui ont contribué à la disgrâce et la déchéance de son père. De rebondissements en rebondissements, de duels en intrigues, Roland écartera l’évêque de Venise, trop occupé par ses mœurs dissolues, déjouera un complot visant à renverser le pouvoir et sauvera le Doge. Michel Zévaco, l’inoubliable auteur du Capitan et de Buridan, entraîne le lecteur dans une formidable aventure de cape et d’épée, à travers Venise, des bas fonds jusqu’au Palais des Doges.

Mon avis :

Voilà un très bel ouvrage que j’ai découvert dans mon Sony Reader. Je ne connaissais avant cela ni l’auteur ni le livre. Autant dire que je partais à l’aventure. Et quelle aventure !

Cette lecture a été un réel moment de bonheur littéraire. Le style est purement classique mais sans tomber dans de lourdes descriptions ennuyeuses comme certains auteurs que l’on connaît bien. Ici, Michel Zévaco va droit au but mais ne manque cependant pas, dans tous les chapitres, de nous faire passer d’un personnage à un autre pour que l’on ne manque rien des complots, trahisons, haines et amours qui se font et se défont dans cette Venise du 16ème siècle.

On est balloté de gondoles en palais pour suivre pas à pas les tenants et les aboutissants de cette histoire; on apprend petit à petit les trames et les conséquences qui surviendront.

Les personnages sont exquis. Qu’ils soient rebelles ou conspirateurs, femmes aimées ou redoutées, tous valent leur pesant d’or. Chacun veut profiter de ce que l’autre peut lui apporter.

L’auteur met d’ailleurs bien l’accent sur cet état de fait ainsi que sur une conjuration sur le point d’aboutir.

Ici, les insurgés vondront récupérer leur place indûment volée; les comploteurs tenteront de supprimer tous ceux qui se trouveront sur leur chemin.

C’est un ouvrage sur le pouvoir qui aveugle l’Homme mais c’est aussi une belle histoire d’amour qui tentera de se reconstruire après un début difficile.

L’intrigue en elle-même n’a rien d’exceptionnelle mais la plume de Michel Zévaco est un pur délice, d’autant que celui-ci glisse dans son roman des anecdotes sur la vie vénitienne de l’époque mais également des légendes.

Par moment, je me suis prise à croire que je lisais du Dumas !

J’ai réellement adoré cet ouvrage et je compte bien poursuivre à lire cet auteur que du coup je vous recommande plus que fortement.

Quelques extraits tirés de l’ouvrage :

« Dans Venise, cité du mystère, le loup était non seulement toléré, mais accepté comme faisant presque partie du costume. En plein jour, les jolies Vénitiennes portaient un loup pour garantir leur visage contre les ardeurs du soleil., comme on met parfois des écrans devant certaines pêches pour leur conserver leur duvet. Dans beaucoup de fêtes, les hommes portaient également un loup, soit pour ne pas être reconnus, soit simplement par cette passion du mystère qui caractérisait les Vénitiens. On aimait alors à « intriguer » dans les fêtes, c’est-à-dire à faire chercher qui pouvait bien être tel beau chevalier qu’on ne reconnaissait ni à sa taille ni à son costume… Seuls les jeunes gens et ceux qui n’avaient rien à craindre de la médisance venaient à visage découvert. »

« Pour que tu sois à moi, pour que tu ne sois pas à l’homme exécré, des crimes, j’en commettrai. Je noierai Venise dans l’horreur, et je changerai ses canaux en fleuves de sang, mais j’atteindrai ton Roland ! Il m’a vaincu déjà ! Il m’a bafoué ! Il m’a souffleté de son mépris ! Il a fait crier en moi les fibres les plus secrètes de mon orgueil… Mais tout cela n’est rien, vois-tu ! Que Roland m’écrase de sa pitié insultante, qu’il m’accable de sa grâce, qu’il m’insulte, tout cela ne compte pas ! Ce qui compte et ce qui le condamne, ce qui fait que, pour mieux l’atteindre, je révolutionne Venise, ce qui fait que je lui ouvrirai moi-même les entrailles et que je me repaîtrai de son maudit, c’est que tu l’aimes !… »

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Le feu de la sor’cière (T1 « Les bannis et les proscrits »)

Posté par belledenuit le 1 avril 2010

Le feu de la sor'cière (T1 Auteur : James Clemens

Editions : France Loisirs

Nbre de pages : 592

Présentation de l’éditeur :

Par une nuit fatale à Alasea, pays ravagé par une malédiction, trois mages accomplissent un ultime sacrifice dans l’espoir, de préserver le bien. Cinq cents ans jour pour jour après cette nuit funeste, une jeune fille hérite d’un pouvoir perdu depuis longtemps. Mais avant qu’elle puisse en saisir les implications, le Seigneur Noir lance ses hordes des ténèbres pour s’emparer de la magie embryonnaire qu’elle détient. Dans sa fuite, Elena est précipitée vers une issue terrible… mais aussi vers la compagnie d’alliés inattendus, avec lesquels elle va tenter de combattre les forces maléfiques et de secourir un empire autrefois glorieux.

Mon avis :

Décidément les découvertes en littérature jeunesse n’ont pas fini de me plaire.

Voilà encore une série que j’ai très envie de poursuivre après un premier tome qui m’a tenu en haleine tout au long de ma lecture.

J’ai été emballée par l’ambiance magique, les créatures monstrueuses, les rencontres qu’Elena fait tout au long de son parcours…

L’écriture bien que simple n’en demeure pas moins efficace. Certaines scènes sont même écoeurantes lorsque par exemple un combat est décrit. Il n’empêche l’ambiance est là et il est alors difficile de lâcher l’ouvrage.

Les pages se tournent sans que l’on s’en rende compte; on s’attache à Elena; on tremble avec elle, on se met à sa place et on se demande ce que l’on va devenir. Parce que oui, j’avais réellement pris le rôle d’Elena.

Si au début, ce personnage m’avait quelque peu exaspérée avec les questions qu’elle se posait, les réponses qui ne la satisfaisaient pas, par la suite son caractère et sa force se forgent et elle devient réellement intéressante.

D’autres personnages le sont tout autant : nous rencontrons ceux qui formeront avec elle la « Légion » puisque Elena et sa troupe partent pour une quête et nous trouvons aussi les méchants vraiment méchants (Skal’tums, le mage noir Dismarum, le Seigneur Noir…).

Forcément, j’ai trouvé quelques ressemblances avec Le Seigneur des Anneaux mais contrairement à la trilogie des elfes de Fetjaine où cette ressemblance m’avait déçue, ici il n’en est rien.

Tout va parfaitement bien. L’ensemble est très bien monté; les scènes se suivent; on se demande où l’on va et finalement tout se monte comme un véritable puzzle.

Vous l’aurez compris, j’ai adoré ce tome et j’ai grand hâte de poursuivre cette série avec le tome 2 : Les foudres de la sor’cière.

Cet ouvrage a été lu dans le cadre d’une lecture commune avec : Deliregirl, Alexielle, Lisalor, Mallou, Melcouettes, Frankie, Phooka, Kristus, Mrs Pepys, Penelope, Thalia, Titinerose.

D’autres avis tout aussi enthousiastes chez : Iluze, Kincaid.

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Les aventures d’Oliver Twist

Posté par belledenuit le 31 mars 2010

Les aventures d'Oliver Twist dans Classique 41HE4STYZGL._SL160_AA115_Auteur : Charles Dickens

Editions : Le livre de poche (2005)

Nbre de pages : 735

Présentation de l’éditeur :

Oliver Twist (1838) est un feuilleton criminel d’une noirceur concentrée. Un angélique orphelin échappe aux sévices que les institutions charitables de l’Angleterre victorienne réservent aux enfants abandonnés pour tomber dans les plus fangeux cloaques des bas-fonds londoniens. L’apprentissage précoce du vice et du crime y est de règle pour échapper à la misère et à la faim. On n’oubliera guère, après les avoir croisés, ni l’abominable Bumble ni le ténébreux Fagin, cette saisissante préfiguration des gibiers de bagne qui hanteront Les Misérables de Victor Hugo. Créations de l’imaginaire ? Ombres portées des terreurs et des cauchemars de l’enfance ? Peut-être. Toujours est-il que les contemporains y virent le reflet de la réalité. « Il n’y a pas tant de différence entre ce noir tableau de l’enfance et le tableau de l’usine par Karl Marx », remarque d’ailleurs le philosophe Alain. Il faut s’en souvenir à chaque page en découvrant Les Aventures d’Oliver Twist.

Mon avis :

Oliver Twist est le deuxième livre que je lis de Charles Dickens après Un chant de Noël. J’avais très envie de découvrir un autre ouvrage de l’auteur parce que si j’avais beaucoup aimé le style de Dickens dans Un chant de Noël, je n’avais pas, par contre, adhéré au côté fantastique qui y était.

Du coup, Oliver Twist était en quelque sorte un challenge.

Et je peux dire que le challenge a été largement gagné par l’auteur. J’ai littéralement accroché à cet ouvrage.

L’histoire est celle d’un jeune orphelin, dès la naissance, qui se voit confronter à la difficulté de vivre dans une Société où les plus démunis ne sont considérés que comme des parias. On vit l’existence d’Olivier en même temps que lui. C’est comme si on était mis totalement à sa place, immergé dans ce monde cruel et si noir où seuls la duperie et le pouvoir sont rois.

Dickens parvient avec une plume exquise à nous décrire toutes les émotions et toutes les scènes quelles qu’elles soient de telle sorte que nous ne pouvons pas rester de marbre : l’accouchement de cette jeune fille (mère de celui qui sera appelé Olivier Twist) et son décès qui s’en suit (rien que dans ce passage, ma gorge a été nouée. Ca commençait fort !). Mais il y a aussi tous les passages où Olivier Twist est mal traité puis considéré comme une simple marchandise.

Il y a également les moments d’espoir qu’il se forge et les regrets qui s’en suivent.

En bref, il y a beaucoup de choses qui font que ce livre est réellement un chef-d’oeuvre.

Dickens joue ici avec une ironie stupéfiante. Ne pas le lire c’est passé à côté d’un mode de vie dénoncé par l’auteur et tout ce que cela entraîne chez les plus faibles (en l’occurence les enfants).

Mais Olivier Twist c’est aussi de superbes moments d’émotion et de prise de conscience vis-à-vis de l’être (ou des êtres) cher(s).

Quand je me suis rendue compte de la tournure des évènements (passé la bonne moitié de l’ouvrage), je me suis laissée emportée par ma lecture. Les pages se tournaient d’elles-mêmes. Je m’étais attachée à un tel point à Olivier Twist que je ne souhaitais que le meilleur pour lui. Du coup, avec tous les rebondissements que l’auteur insérait à chaque moment crucial de la vie du jeune orphelin, je passais par autant d’émotions fortes : peine, stress, euphorie…

Sur beaucoup de points, Dickens m’a bluffée et j’ai adoré ça !

Quant aux personnages, ils sont terribles, cruels et lâches pour la plupart. Ils sont le Mal incarné qui profite de la faiblesse et des failles de ceux qui les entourent. Mais il y aussi ceux qui envers et contre tout tenteront de sortir Olivier Twist de cette mauvaise vie.

En conclusion, je ne peux que vous pousser à lire ce superbe ouvrage qui a été un très bon moment de lecture pour moi. Si au début je pensais qu’Olivier Twist était le mauvais garçon incarné dont un auteur racontait simplement la vie, j’ai pu constater que son histoire était tout autre chose.

C’est grâce à une lecture commune avec Ellcrys, Mango et Lyra Sullyvan que j’ai pu lire cet ouvrage et je compte bien poursuivre ma découverte de cet auteur avec notamment David Copperfield.

Un extrait :

« Il nous faut veiller avec soin à la façon dont nous traitons ceux qui nous entourent, puisque toute mort apporte à un petit groupe de survivants la pensée de tant de gestes omis, de si peu de gestes accomplis… de tant de choses qu’on a négligées, et de tant d’autres auxquelles on aurait pu remédier ! Il n’est pas de remords plus poignants que ceux qui viennent trop tard; si nous voulons que nous en soient épargnés les tourments, souvenons-nous-en pendant qu’il en est temps. » (p. 453)

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Les hommes dénaturés

Posté par belledenuit le 29 mars 2010

Les hommes dénaturés dans SF/Fantasy/Fantastique 51FKra7C5eL._SL160_AA115_Auteur : Nancy Kress

Editions : Pocket (2007)

Nbre de pages : 309

Quatrième de couverture :

Dans les années 2030, la fertilité masculine a brutalement chuté sur l’ensemble de la planète. Les enfants sont si rares que les couples sont prêts à tout pour en avoir, quitte à traiter leurs animaux domestiques comme des bébés humains…

Shana Walders, jeune appelée de l’armée américaine, participe à l’évacuation d’une zone dangereuse où un train transportant des produits toxiques a déraillé. Elle voit l’espace d’un instant l’inimaginable tapi au fond d’une cage. Son témoignage auprès de ses supérieurs signe sa radiation de l’armée. Mais elle décide de mener sa propre enquête pour découvrir la vérité. Alors que le gouvernement a interdit la génétique humaine, Shana découvre qu’un trafic clandestin s’organise à grande échelle. Elle vient de mettre le doigt dans un engrenage qui met en jeu l’avenir de l’homme…

 Mon avis :

Encore un ouvrage qui me fait découvrir la science-fiction sous un angle différent des Fleurs pour Algernon que j’ai beaucoup aimé et pour cause.

Ici, nous sommes en 2030 et les hommes ne sont plus capables d’engendrer (du moins la quasi-totalité d’entre eux). Du coup, les personnes âgées sont beaucoup plus nombreuses que les jeunes et les couples dans l’impossibilité d’avoir des enfants se tournent vers une autre possibilité pour effacer ce manque.

Si l’histoire est prenante à souhait (je n’ai mis que deux jours pour venir à bout de cet ouvrage), il n’en demeure pas moins que c’est surtout les questions qu’il entraîne qui m’a vraiment intéressée. L’auteur met le doigt sur le problème des produits chimiques utilisés par les industriels depuis de nombreuses décennies et qui seraient à l’origine des perturbations du système endocrinien humain.

Le sujet de la perdition de cette capacité à engendrer aboutit finalement à la question relative sur « comment faire pour pallier à ce manque affectif lorsqu’une femme ne peut plus devenir mère ? »

L’ensemble est très bien traité et la façon de substituer les bébés est si terrible (voire même horrible) qu’il sera impossible de lâcher ce bouquin si vous l’ouvrez.

J’ai été choquée, terrifiée à la seule idée de me dire que si cela devait arriver ce serait inhumain voire même inimaginable. Je me suis mise à la place de ces femmes qui ne peuvent pas enfanter et j’avoue que je comprends pleinement leur désarroi qui en découle.

J’ai suivi avec intérêt l’histoire de Cameron, un jeune homme d’une vingtaine d’années, que Shana va rencontrer au cours de son enquête.

La concernant, c’est une jeune femme qui sait ce qu’elle veut, qui sait surtout ce qu’elle a vu et qui ne souhaite pas un seul instant que tout tombe dans l’oubli uniquement pour le plaisir des hauts dignitaires américains.

Elle veut sauver le genre humain et va tout faire pour.

Malheureusement, si le personnage de Shana est intéressant notamment par son caractère si entier, j’ai trouvé que l’auteur l’avait rendue trop vulgaire. Par moment, ça fait un peu lourd alors que certaines situations ne l’exigeaient pas.

Néanmoins, le style est tellement accrocheur, avec aucun temps mort quasiment, que les défauts sont vites oubliés.

J’ai été réellement prise par l’histoire que je ne peux que vous la conseiller notamment pour se rendre compte des répercussions que les produits pourraient avoir sur notre santé et comment les gouvernements réagiraient face à une telle crise. D’accord, ce n’est qu’un livre mais quand même ça laisse perplexe avec des tonnes de questions en suspens.

Je n’ai trouvé qu’un seul avis sur cet ouvrage chez SBM (Mes Imaginaires).

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Fablehaven : Le sanctuaire secret (T1)

Posté par belledenuit le 23 mars 2010

Fablehaven : Le sanctuaire secret (T1) dans Jeunesse 515imjAKItL._SL160_AA115_Auteur : Brandon Mull

Edition : Nathan (2009)

Nbre de pages : 340

Présentation de l’éditeur :

Depuis des siècles, les créatures fantastiques les plus extraordinaires se cachent dans un refuge secret, à l’abri du monde moderne. Ce sanctuaire s’appelle Fablehaven. Kendra et Seth ignorent tout de ce lieu magique, dont leur grand-père est pourtant le gardien. Un jour, ils découvrent l’incroyable vérité : la forêt qui les entoure est peuplée d’êtres fabuleux – fées, géants, sorcières, monstres, ogres, satyres, naïades… Aujourd’hui, l’avenir de Fablehaven est menacé par l’avènement de puissances maléfiques. Ainsi commence le combat des deux enfants contre le mal, pour protéger Fablehaven de la destruction, sauver leur famille… et rester en vie.

Mon avis :

Tout d’abord, je tiens à remercie Ellcrys car c’est grâce à elle si j’ai pu découvrir le monde de Fablehaven puisqu’elle me l’a offert à l’occasion de mon dernier anniversaire. Sans cela, j’aurais dû attendre encore un peu avant de le lire.

Du coup, qu’en est-il de mes impressions ?

Comment vous dire ça sans vous chagriner, vous qui avez beaucoup aimé cet ouvrage ou pour qui cela a été un coup de coeur ?

Bon, je me lance : Fablehaven est un bon petit bouquin qui permet de passer un agréable moment de lecture mais je ne l’ai pas trouvé non plus transcendant.

Mais pourquoi ne m’a-t-il pas marquée davantage ? 

J’ai trouvé que l’atmosphère et certains détails se rapprochaient cruellement des Chroniques de Spiderwick que j’ai lu il y a peu de temps. Du coup, Fablehaven n’a pas été un coup de coeur et malgré tout je n’ai pas non plus détesté. Je l’ai lu et je l’ai fermé. C’est tout.

L’effet de déjà vu m’a coupé ma curiosité, si je puis dire, puisque je n’ai pas eu véritablement de surprises.

Bien entendu, un monde où vivent des fées, un golem, une sorcière… est dépaysant et divertissant mais globalement je n’ai pas été « scotchée » à l’ouvrage. J’ai pris mon temps, certes, pour le lire; je me suis imprégnée de tout ce qu’il renfermait mais j’ai été un peu déçue par l’ensemble.

L’histoire est jolie mais elle ne m’a pas fait vibrer. Je n’ai pas eu de réelles surprises même si je n’ai pas du tout cherché à anticiper sur ce qui allait se passer; je n’ai pas eu peur (comme j’ai pu en avoir avec Les chroniques de Spiderwick) et j’ai trouvé que l’action était très/trop longue à venir. J’ai même sauté quelques paragraphes en milieu d’ouvrage (oui je sais, honte à moi !)

Le style, lui, est simple et donc adapté aux lecteurs pour qui le livre est destiné. Aucune difficulté de ce côté là. Les chapitres ne sont ni trop courts ni trop longs et chacun apporte une touche de plus à l’histoire et permet l’enchaînement parfait sur le suivant. Du coup, il n’y a aucun temps mort. C’est d’ailleurs ce qui m’a permis de continuer à le lire.

Quant aux personnages, je ne peux pas dire que je me sois attachée à l’un d’entre eux.

Seth est un garçon qui n’en fait qu’à sa tête et voilà où cela le mène… et sa soeur, Kendra, est trop sage à mon goût. A 14 ans, on se dit quand même qu’une adolescente va enfreindre quelques règles à un moment ou à un autre. Mais non, il n’en est rien.

Ensuite, je m’attendais à une mise en place d’une seule histoire qui tiendrait sur plusieurs tomes (comme dans n’importe quelle saga). Avec Fablehaven, c’est différent.

Bien sûr, il y a une suite (et il vous faudra lire le tome 1 pour savoir pourquoi) mais ce titre là peut se lire seul. Il a un début et une fin bien marquée. On sait forcément qu’il y aura des répercussions vis-à-vis de certaines paroles prononcées dans ce tome mais je n’irai pas non plus me précipiter pour connaître cette suite (même si j’ai envie de savoir ce qu’il en est).

Alors ai-je aimé ou pas ?

Je vous dirais que oui parce que j’ai passé un bon moment avec les fées notamment que j’ai trouvé les plus intéressantes. Je me suis détendue. J’ai vagabondé dans ce sanctuaire secret et ça m’a fait du bien. Rien que pour ça, je vous le recommande.

D’autres avis chez : Pimprenelle (qui en fait d’ailleurs un livre voyageur), Esmeraldae, Jess, Iluze, Heclea, Mallou, Thalia

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Shutter Island

Posté par belledenuit le 19 mars 2010

Shutter Island dans Policier/Thriller 41EozXla3AL._SL160_AA115_Auteur : Dennis Lehane

Editions : Rivages/Noir (2006)

Nbre de pages : 393

Quatrième de couverture :

Nous sommes dans les années cinquante. Au large de Boston, sur un îlot nommé Shutter Island, se dresse un groupe de bâtiments à l’allure sinistre. C’est un hôpital psychiatrique dont les patients tous gravement atteints, ont commis des meurtres. Lorsque le ferry assurant la liaison entre Shutter Island et le continent aborde ce jour-là, deux hommes en descendent : le marshal Teddy Daniels et son coéquipier Chuck Aule. Ils sont venus à la demande des autorités de la prison-hôpital car l’une des patientes, Rachel Solando, manque à l’appel. Comment a-t-elle pu sortir d’une cellule fermée à clé de l’extérieur ? Le seul indice retrouvé dans la pièce est une feuille de papier sur laquelle on peut lire une suite de chiffres et de lettres sans signification apparente. Oeuvre incohérente d’une malade ou cryptogramme ? Au fur et à mesure que le temps passe, les deux policiers s’enfoncent dans un monde de plus en plus opaque et angoissant, jusqu’au choc final de la vérité.

Mon avis :

Ce livre est dingue ! Je l’ai terminé hier en milieu d’après-midi et en le refermant c’est le premier mot qui m’est venu à l’esprit : complètement dingue !

Mais attention pas dans le sens où tout va dans n’importe quelle direction. Loin en est.

L’auteur a une aptitude extraordinaire à nous mener par le bout du nez tout au long de l’ouvrage.

L’histoire pourrait être banale : deux marshals sont demandés dans une prison-hôpital isolée sur une île suite à la disparition d’une des patientes.

On entre alors dans un huit-clos infernal où les deux hommes de loi sont confrontés non seulement au corps médical qui ne les aide que quand ils le veulent et de la façon dont ils l’entendent, mais également par les résidents dont la singularité est d’être des schizophrènes dangereux pour la plupart.

En entamant cet ouvrage, je pensais tomber sur un thriller sanglant, bien gore (j’avais besoin de me plonger dans ce genre d’ambiance bien stressante).

Or, après lecture, il n’en est rien. Le sang ne coule pas à flot; il n’y a pas de folle poursuite en voiture…

Cependant, je suis complètement conquise par l’effet que Shutter Island a eu sur moi : je n’ai eu quasiment aucun temps mort dans ma lecture; il me fallait toujours en savoir plus.

L’oppression due à l’atmosphère si particulière que dégage cette prison est constante tout du long.

Les passages où Teddy fait ses rêves sont à noter car bien flippant même s’ils ne font que quelques pages.

On réfléchit beaucoup sur tout ce qui est, sur tout ce qui est fait; on se questionne tout le temps. Il est impossible de ne pas cogiter.

Quand en plus on est entouré de fous, on se dit que tout le monde est coupable. Qu’il y a anguille sous roche mais alors : qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce qui s’est passé ? Et surtout, pourquoi ?

Et puis les chapitres avancent, le dénouement aussi et là… Bing ! Bang ! Wahou !!! Mais que m’arrive-t-il ? Suis-je dans le même livre ? Faut-il que je relise l’ensemble pour être sûre de ce qu’on me raconte maintenant ?

Je n’en reviens toujours pas. Dennis Lehane m’a balladée tout au long de l’ouvrage. Avec sa plume si efficace, ses descriptions si réelles qui donnent à penser qu’on fait partie de ce monde à part (parce que d’un certain côté j’ai cru devenir folle !), ses personnages étranges, j’ai manqué de m’y perdre. J’ai adoré m’y perdre !

En bref, c’est un excellent bouquin que je conseille fortement tant l’histoire est prenante. L’ensemble est frustant mais c’est excellent !

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Mes chères études

Posté par belledenuit le 17 mars 2010

Mes chères études dans Biographie/Temoignage chares10

Auteur : Laura D.

Editions : J’ai lu (2009)

Nbre de pages : 253

Quatrième de couverture :

“Je m’appelle Laura, j’ai 19 ans. Je suis étudiante en langues vivantes et je suis obligée de me prostituer pour payer mes études. Je ne suis pas toute seule dans mon cas. Il paraît que 40000 autres étudiantes font comme moi. Tout s’est enchaîné dans une logique bizarre, sans que je me sois vraiment rendu compte que je tombais. Je ne suis pas née avec une petite cuillère en argent dans la bouche. Je n’ai jamais connu le luxe et l’aisance, mais jusqu’à cette année, je n’ai jamais manqué de rien. Ma soif d’apprendre, mes convictions m’ont toujours fait penser que mes années étudiantes seraient les plus belles, les plus insouciante. Je n’aurais jamais pensé que ma première année à l’université se transformerait en véritable cauchemard.”

Mon avis :

Ce témoignage m’a bouleversée dès le départ. En lisant la quatrième de couverture, on sait de quoi le livre va traiter mais ce n’est qu’une fois ouvert et véritablement plongé dans la narration de Laura que l’on s’en rend vraiment compte.
Les mots qu’elle utilise ne sont pas vulgaires. Ils sont ce qu’ils sont. Les images qu’ils transposent sont malheureusement difficiles à admettre de nos jours. Qu’une étudiante n’ait pas d’autre choix que se vendre pour subvenir à ses besoins (alimentaires, étudiants, régler ses factures…) est totalement inadmissible.
Rien n’est réellement mis en oeuvre pour aider ces jeunes à étudier dans de bonnes conditions.
Elle indique dès le début (ce qui permet de comprendre le reste) que ses parents font partie de ces français qui sont trop “riches” pour qu’elle puisse percevoir une bourse mais pas suffisamment pour pouvoir l’aider financièrement dans sa vie d’étudiante.
Avant de vous mettre mon avis ici, j’ai tenté de parcourir les différents blogs que je connais et sur lesquels je vais régulièrement, espérant y trouver un ou deux avis sur cet ouvrage. Malheureusement, ma recherche est restée vaine.
Je me suis alors rabattue sur google où j’ai pu consulter un ou deux sites. Mais mis à part des commentaires peu fouillés et dont les critiques sont basées uniquement sur un reportage effectué par TF1 dans l’émission “Sept à Huit” où Laura D. a été interviewée, je n’ai rien trouvé.
Du peu qu’il en ressort, certains estiment qu’il s’agit plus d’un roman que d’un témoignage. Qu’il est inadmissible d’en venir à la prostitution pour survivre. Qu’elle avait d’autres choix !
Personnellement, je ne pense pas la même chose (mis à part le fait qu’effectivement se mettre dans une telle situation est inadmissible mais dû au fait que personne ne fait rien pour aider ces jeunes). Cette jeune fille a tout fait pour éviter ça (elle vit d’ailleurs très mal cette situation). Mais comment faire quand on a tout juste 19 ans, que l’on travaille 15h par semaine dans une boîte de télémarketing qui vous paie 400€ par mois, que l’on a 20h de cours en faculté et que les charges mensuelles s’élèvent à 450€ ?
Il ne convient pas de juger mais bel et bien de dénoncer ce qui se passe pour que les choses bougent. C’est ce que Laura a voulu faire avec ce livre.
La post-face est très bien faite car il est clairement indiqué que les charges étudiantes sont écrasantes par rapport aux aides qu’ils perçoivent (quand ils y ont droit !).
Il y a une totale disproportion entre les jeunes qui peuvent financièrement se permettre de poursuivre des éudes, et ceux dont les parents malheureusement ne peuvent pas suivre. Doit-on pour autant faire arrêter ces jeunes dans leurs études ? Leur empêcher d’apprendre par manque d’argent ?
La prostitution n’est pas une solution et Laura D. le sait puisqu’elle met tout en oeuvre pour repartir à zéro à Paris où elle a continué ses études universitaires. Cependant, l’attrait de l’argent facile est toujours présent dans sa tête surtout lorsque les difficultés financières se font ressentir.
Le sujet qu’elle traite est toujours tabou mais il faut aussi pouvoir en parler pour avancer.

Publié dans Biographie/Temoignage | 4 Commentaires »

La nuit de l’oracle

Posté par belledenuit le 16 mars 2010

La nuit de l'oracle dans Contemporain 51CVPGQBZ5L._SL160_AA115_Auteur : Paul Auster

Editions : Actes Sud (2004)

Nbre de pages : 237

Présentation de l’éditeur :

Après un long séjour à l’hôpital, l’écrivain Sidney Orr est de retour chez lui. Toujours aussi amoureux de sa femme Grace, il reprend lentement goût à la vie. Mais il est accablé par l’ampleur de ses dettes et par l’angoisse de ne plus jamais retrouver l’inspiration. Un matin, alors qu’il fait quelques pas dans son quartier, il découvre une toute nouvelle papeterie, au charme irrésistible. Sidney entre, attiré par un étrange carnet bleu. Le soir même, presque dans un état second, Sidney commence à écrire dans le carnet une captivante histoire qui dépasse vite ses espérances. Sans qu’il devine où elle va le conduire. Ni que le réel lui réserve de plus dangereuses surprises… Virtuosité, puissance narrative, défi réciproque de l’improvisation et de la maîtrise, La Nuit de l’oracle précipite le lecteur au cœur des obsessions austériennes, dans un face à face entre fiction et destin. Comme si l’imaginaire n’était rien d’autre que le déroulement du temps avant la mort. Ou pire encore, son origine.

Mon avis :

Après Brooklyn Follies, me voilà repartie à la découverte de cet auteur exceptionnel qu’est Paul Auster.

Je remettais toujours à plus tard cette lecture, et grâce au défi 100 ans de Littérature américaine, je me suis décidée à l’ouvrir.

Je n’ai aucun regret à avoir si ce n’est de ne pas l’avoir ouvert plus tôt !

Je viens de me prendre une claque énorme et je suis même déçue de l’avoir terminée aussi vite (bon il m’a fallu quelques jours pour le lire mais la raison est juste une grosse fatigue qui m’a prise en début de week-end dernier).

Il m’a été (là encore !) impossible de le lâcher (ou alors difficilement et pour éviter les migraines qui me pourchassent depuis quelques jours).

Tout d’abord l’histoire. Elle est tout simplement exceptionnelle. Cela pourrait être en quelque sorte un moment dans chacune de nos vies. Difficile de ne pas s’identifier à tel ou tel personnage; rien ne nous dit qu’un jour où l’autre tout ce que Sidney (et son couple) vit, ne pourrait pas nous arriver à nous aussi. Du coup, on s’emballe sur le moindre fait, le moindre mot que le personnage central fait ou dit; on s’interroge de savoir si on aurait réagi de la même façon… Le fait d’avoir un livre dans le livre est fantastique surtout lorsque l’on s’aperçoit comment tout cela dérive. J’ai réellement adoré le fil de cette histoire et j’ai du mal, à l’heure actuelle, à m’en remettre. Wahou !!

S’agissant du style, j’avais déjà eu un aperçu avec Brooklyn follies que j’avais bien apprécié mais avec La nuit de l’oracle, c’est comme si j’avais moi-même vécu cette folle aventure. Paul Auster a une plume délicieuse; il arrive à faire vivre chaque phrase, chaque mot à travers des tournures, des expressions, des réflexions tellement vraies, tellement proches de ce que nous pouvons ressentir à l’instant même où nous les lisons. C’est captivant !

Quant aux personnages, ils sont comme tout un chacun : ils ont leurs faiblesses mais tellement humains, sensibles et attachants. C’est ce qui est d’ailleurs intéressant puisqu’il est, du coup, plus facile de s’identifier à eux.

Sidney est en quête de redevenir un homme « normal », pouvant subvenir aux besoins de son foyer, après un grave accident médical. Il tente de se reconstruire, de sauver son couple, de revivre comme avant tout simplement.

Son épouse, Grace, est discrète; difficile de savoir ce qui lui passe par la tête ou ce qu’elle souhaite exactement. C’est elle qui faire vivre le ménage mais elle ne reproche rien à son mari. C’est une superbe femme en tout point, même si, comme elle le dit : « des gens biens font des trucs moches » (p. 61) et on se dit alors que peut-être un secret la tenaille et qu’elle se refuse à nous le dévoiler (et non pas simplement à son mari parce que, oui, Sydney c’est aussi nous, lecteur. On se met dans sa peau; on devient réellement lui.)

J’ai littéralement adoré cet ouvrage de Paul Auster qui passe largement au-dessus de Brooklyn Follies (en tout cas à mon goût). On est totalement happée par l’histoire et la fin est à tomber !

En bref, et encore une fois, je vous souhaite de découvrir ce livre rapidement si vous ne l’avez pas déjà fait.

D’autres avis chez Doriane, Florinette, Restling, Virginie et beaucoup d’autres chez BoB.

challenge-100-ans dans Contemporain

3/3

Publié dans Contemporain | 13 Commentaires »

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