L’impératrice des Ethérés

Posté par belledenuit le 19 février 2010

L'impératrice des Ethérés dans Jeunesse 51miz8ur7FL._SL160_AA115_Auteur : Laura Gallego Garcia

Editions : Baam (2010)

Nbre de pages : 253

Présentation de l’éditeur :

Un majestueux palais que l’on croirait sculpté dans la glace, une impératrice aussi sublime qu’ensorcelante, un monde paradisiaque où vivent des êtres purs… La légende du Royaume éthéré fascine les enfants des Cavernes, ces grottes où vivent les hommes. Mais lorsque Bipa, l’une d’entre eux, partira à la recherche d’Aer, un garçon qu’elle adore détester, elle croisera en chemin des créatures animées d’une inquiétante puissance magique. À bien y réfléchir, c’est à se demander si cette terre idéale ne cache pas un désert de givre… et de mort.

Mon avis :

Décidément, la littérature jeunesse regorge de très belles et surprenantes lectures et L’impératrice des Ethérés en fait partie.

J’ai beaucoup aimé ce parcours initiatique que Bipa doit traverser à l’occasion d’un voyage pour retrouver son ami Aer.

Si le début ne m’a pas réellement plu (notamment à cause du caractère bien trempé de Bipa et de la rêverie trop grande d’Aer), il n’en demeure pas moins qu’au bout de quelques chapitres j’ai été réellement envoûtée par l’histoire. Plus j’avançais et plus j’avais envie de poursuivre ce périple que doit mener cette jeune fille.

L’écriture est certes simple mais l’imagination de l’auteure et les créatures fantastiques qui sont dans ce livre m’ont fait oublier qu’il s’agissait d’une lecture jeunesse.

J’ai été réellement enchantée par cette découverte livresque que j’ai dévoré en moins de 2 jours.

Autant vous dire que je le conseille fortement à tout le monde sans exception.

barreetoile dans SF/Fantasy/Fantastique

L’avis de ma fille :

C’est un excellent livre. D’ailleurs c’est un coup de coeur. Il est écrit simplement mais il est très prenant.

Bipa est une jeune fille franche au point d’être parfois brutale. Elle a une étonnante force de caractère et l’aventure qu’elle vivra est encore plus stupéfiante : on se demande comment l’auteure a une aussi grande imagination. Quand Bipa va partir chercher Aer, elle va rencontrer bien des dangers mais aussi des aides précieuses. C’est une histoire pleine de sentiments que je conseille à tous, petits et grands.

En arrivant à la fin du livre, je me suis « Pourquoi tu es allée si vite ?! ». Il est tellement bien qu’on n’arrive pas à s’en détacher et on espère encore moins que cela se finisse.

Je ne manquerai pas de lire d’autres livres de cette auteure. En tout cas, cet ouvrage est formidable ! A lire absolument !

Ce livre a été lu dans le cadre d’un partenariat entre le Blog-o-Book et Les Editions Baam que l’on remercie pour cette très belle découverte.

Publié dans Jeunesse, SF/Fantasy/Fantastique | 12 Commentaires »

Autant en emporte le vent

Posté par belledenuit le 18 février 2010

Autant en emporte le vent dans Classique 51SN6AWG9JL._SL160_AA115_Auteur : Margaret Mitchell

Editions : Gallimard (2003)

Nbre de pages : 1222

Quatrième de couverture :

Pendant la guerre de Sécession, alors que le Sud esclavagiste auquel ils appartiennent tous les deus est en train de perdre ses dernières batailles contre le Nord, Rhett Butler et Scarlett O’Hara s’aiment et se déchirent.
- Il doit y avoir de la place pour moi dans votre coeur. Cessez de vous tortiller comme un ver. Je vous fais une déclaration d’amour. Je vous ai désirée dès que je vous ai vue pour la première fois [...] lorsque vous étiez en train d’ensorceler le pauvre Charlie Hamilton. Je vous désire plus que je n’ai jamais désiré une autre femme… et, pour vous, j’ai attendu plus longtemps que je n’ai jamais attendu pour une autre femme.
La surprise lui coupa le souffle. Malgré toutes ses injures, il l’aimait, mais il était si mauvaise tète qu’il ne voulait pas le reconnaître franchement et qu’il n’osait pas parler de peur qu’elle n’éclatât de rire. Eh bien ! elle allait lui montrer de quel bois elle se chauffait, et ça n’allait pas tarder.
- Est-ce une demande en mariage?
Il lui lâcha la main et rit si fort que Scarlett se recroquevilla dans son fauteuil.
- Grands Dieux, non! Ne vous ai-je pas dit que je n’étais pas fait pour le mariage ?
- Mais… mais… que…
Il se leva et, la main sur le coeur, il fit une révérence comique.
- Chérie, déclara-t-il d’un ton placide, je m’en vais rendre hommage à votre intelligence en vous demandant d’être ma maîtresse sans vous avoir séduite au préalable.
Sa maîtresse! »

Mon avis :

Tout le monde connaît cet ouvrage parce que tout le monde a forcément vu l’adaptation cinématographique qui en a été faite. En tout cas, moi je connaissais la trame de l’histoire par le biais de la télévision et vu que j’avais adoré ce film, j’ai décidé de me plonger dans le livre qui ne fait pas moins de 1222 pages ! Un monstre dans le genre.

Oui mais voilà le monstre se lit vite. Une fois que vous entrez véritablement dans l’histoire (parce qu’il faut quand même dire que j’ai eu du mal à accrocher au départ à cause de descriptions que je trouvais trop longues et inutiles vu que je gardais en mémoire chaque scène du film), il est difficile de le lâcher.

Scarlett est telle que je la voyais dans l’adaptation (profiteuse invétérée, sans scrupule, prête à tout pour parvenir à ses fins…) et Rhett est … Rhett : un parfait gentleman même s’il profite de certaines situations.

Tout au long de ma lecture, je voyais le film en même temps : le pique-nique aux Douze Chênes, Scarlett entourée de toute une panoplie de prétendants, le début de la guerre, l’accouchement de Mélanie, leur départ vers Tara…

Alors c’est vrai qu’il n’y avait pas de surprise en lisant cet ouvrage puisque je connaissais l’histoire en long, en large et en travers mais il n’empêche que je me suis régalée à dévorer par fraction (parce que j’ai fait des coupures pour profiter au maximum de ces personnages et de leur vie) ce livre qui en vaut largement la peine.

Parce qu’au-delà de l’histoire de Scarlett, de ses questionnements incessants et de son caractère insupportable, c’est aussi l’Histoire des Etats-Unis. L’Histoire dans l’histoire est exceptionnelle et l’écriture de Margaret Mitchell l’est tout autant.

On se plonge dans le Sud du milieu du 19ème siècle et on voit évoluer (ou pas d’ailleurs) les mentalités. On se rend compte de l’attachement des sudistes pour leur terre, leur façon de vivre mais aussi pour leurs esclaves qu’ils ne considéraient pas réellement comme tel puisqu’ils en prenaient soin ! (en tout cas de leurs points de vue).

C’est aussi une façon de se rendre compte que Scarlett est une femme qui n’a qu’une envie : devenir indépendante, réfléchir par elle-même, gagner son propre argent par son propre travail quoi qu’il lui en coûte. C’est une femme moderne dans une époque qui ne l’est pas encore !

Même si j’ai pris mon temps pour lire ce livre, la 5ème partie m’a semblé plus difficile à lire. Je n’avais pas le même entrain pour poursuivre alors que j’ai dévoré à chaque fois en 2 jours de temps les autres parties de l’ouvrage.

En fait, l’attrait du livre était surtout porté par la relation qu’avait Scarlett avec Rhett avant un certain évènement qui arrive en fin de 4ème partie. Arrivée là, et vu que je connaissais la fin, ma lecture a été beaucoup plus difficile.

Même si le personnage de Scarlett évolue jusqu’à la toute fin (remise en cause de ses actions passées), il me tardait de le finir.

La fin, quant à elle, laisse présager une suite qui a d’ailleurs été faite par deux auteurs (Scarlett de Alexandre Ripley et Le clan Rhett Butler de Donald McCaig) mais, dans un premier temps et avant toute chose, je ne peux que vous inciter à découvrir ce présent ouvrage qui est tout simplement superbe.

Publié dans Classique | 20 Commentaires »

La saga des Béothuks

Posté par belledenuit le 15 février 2010

La saga des Béothuks dans Historique/Uchronique 51GYW1WEH7L._SL160_AA115_Auteur : Bernard Assiniwi

Editions : Acte Sud-Babel (2000)

Nbre de pages : 520

Résumé :
Aux alentours de l’an mil de notre ère, un jeune indien Béothuk, Anin, fait le tour de ce qu’il croit être « le monde » : l’île de Terre-Neuve. Ce périple, et sa rencontre avec les Vikings établis au nord de l’île, ouvrent brusquement, pour lui et son peuple, l’espace de la géographie et de la civilisation. Fondateur d’un nouveau clan, Anin est l’ancêtre de tous les personnages dont la geste de huit siècles, ici racontée à plusieurs voix, finit par former, jusqu’au terme d’un lent et inexorable génocide, la saga d’une nation aujourd’hui disparue.

Mon avis :

On suit ici l’histoire d’un peuple autochtone des Béothuks qui, par la force des choses, a été amené à disparaître suite à la colonisation de l’île de Terre Neuve.

L’auteur nous fait un récit sur un peu plus de 800 ans, se terminant par le décès de la dernière descendante de ce peuple, Shanawditith, en 1829 des suites de la tuberculose.

Ce livre n’a pas été un coup de coeur. Malgré tout, il ne m’a fallu que 2 jours pour en venir à bout.

Au départ, j’ai eu beaucoup de mal avec les termes béothuks utilisés par Bernard Assiniwi mais au final on s’y fait et cela donne une dimension très réelle à ce que nous vivons en avançant dans l’ouvrage.

On ne parle pas de jour mais de soleil en terme de temps; on ne parle pas d’année mais de cycle des saisons.

Autant dire que quand on a compris comment prendre cet ouvrage, on le lit facilement et on se laisse emporter par ce que nous raconte l’auteur.

On vit les scènes au travers de plusieurs personnages : Anin, le fondateur du clan, puis ses descendants : A-Enamin, Ooish, Wonaoktaé, Shanaditith (pour ceux dont j’ai retenu les noms mais il y en a bien d’autres).

Certains moments sont superbes à lire : comment vivent-ils ? quelles sont leurs us et coutumes ? quelle est la place de l’homme par rapport à la femme ? …

Autant de questions dont les réponses nous sont données et qui méritent qu’on s’y attarde. On s’aperçoit alors que ce peuple autochtone était loin d’être aussi sauvage que ce que les colonisateurs le pensait.

Leur style de vie était bien différent de ce que les Blancs avaient l’habitude de voir mais cela ne leur enlevait pas l’attachement qu’ils éprouvaient envers leur conjoint, leurs enfants, leur famille. Ils étaient beaucoup plus attachés à leur clan que ce que nous pouvons l’être !

D’autres passages sont plus difficiles avec les massacres perpétrés par les Blancs sur ce peuple. Certaines scènes m’ont vraiment écoeurée (par exemple, une jeune femme enceinte se fait éventrer par un chasseur de fourrure et le foetus est mis sur le bout d’un baton !)

On peut difficilement accepter ce que ces hommes ont infligé à ce peuple. J’ai été choquée de lire de telles atrocités et ce n’est malheureusement pas la seule chose qu’ils aient faites.

Même s’il faut se placer dans le contexte de l’époque, j’avoue que j’ai du mal à adhérer à de telles choses car finalement le génocide existe toujours : il y a eu bien sûr celui exercé par Hitler lors de la Seconde Guerre Mondiale, mais encore plus près de nous, n’oublions pas celui du peuple rwandais dans les années 1990.

Même si l’ouvrage porte sur un passé très lointain, il n’en demeure pas moins que certains faits continuent d’exister aujourd’hui et qu’il est donc inacceptable de lire de telles horreurs.

La saga des Béothuks est un très bon ouvrage pour se rendre compte de ce qu’était la vie de ce peuple avant l’arrivée de l’homme blanc mais aussi et surtout pendant et après la colonisation de cette île qu’est Terre-Neuve.

J’ai lu cet ouvrage grâce à Suzanne qui avait été très touchée par sa lecture et j’ai décidé d’en faire mon premier livre pour le défi « La plume québécoise ». Je ne regrette absolument pas mon choix et je vous invite à vous plonger dans ce récit pour vous immerger dans la vie de ce peuple hors du commun mais qui, par la faute de l’homme blanc, a disparu de la civilisation.

Quelques extraits :

« Anin chassait Mamchet le castor, Kosweet le caribou et Odusweet le lièvre, en plus de tendre des pièges et des filets pour prendre Zoozoot la lagopède et les bouboushats du lac. Woasut dépeçait le gibier, séchait et fumait leur chair, entassait le tout dans des contenants d’écorce, confectionnait les vêtements chauds, isolait le mamatiks à l’aide de mousse séchée et rendait le lieu d’habitation le plus confortable possible en prévision de la période des neiges et du froid. Avant la tombée du jour, elle ramassait aussi le bois mort et l’entassait près du mamatik. Elle en avait besoin pour entretenir les feux servant à sécher et à fumer la viande et accumulait le reste pour chauffer l’habitation pendant la saison de la neige et du froid » (p. 70)

« L’homme la saisit par les cheveux de la main gauche et de la main droite, son grand couteau à la main, il ouvrit le ventre de la femme encore vivante et se débattant. Il se pencha alors, plongea les mains dans le ventre sanglotant de Basdic, en sortit le foetus, le fixa au bout du bâton avec lequel la jeune épouse de Bawoodisik creusait le sable pour trouver les coques. Puis, il leva le bâton au-dessus de sa tête pour le porter comme un flambeau. Plusieurs autres hommes arrivèrent en courant, félicitant l’Anglais d’avoir réussi cet exploit digne d’un grand guerrier : éventrer une femme vivante et exhiber un foetus de Béothuk » (p. 352)

defiplumequebecoise dans Historique/Uchronique

Publié dans Historique/Uchronique | 11 Commentaires »

La femme dans le miroir

Posté par belledenuit le 10 février 2010

La femme dans le miroir dans Roman 41NQZqwR41L._SL160_AA115_Auteur : Thanh-Van Tran-Nhut

Editions : Robert Laffont (2009)

Nbre de pages : 212

Présentation de l’éditeur :

Comment une femme du XVIIe siècle a-t-elle pu servir de modèle à un peintre du XXe ? C’est la question que se pose Adrien, hanté par la mort récente de sa femme, en reconnaissant sur une toile contemporaine le visage qui se reflète dans le miroir d’une vanité peinte trois siècles plus tôt. D’où vient que cette beauté a traversé le temps comme si des artistes n’avaient jamais cessé de l’aimer ? Devenu malgré lui l’acteur d’une aventure née sous le pinceau d’un maître hollandais, il entreprend une inquiétante enquête où l’histoire des pigments et la magie des alchimistes l’entraînent hors du domaine de la raison et lui ouvrent des portes inattendues. Aidé par un chercheur lunatique et un thanatopracteur savant, il plonge dans les mystères des passions amoureuses peut-être aussi subtils que ceux de la pierre philosophale, promesse de longue vie. Mais sur le point de percer le secret des tableaux, il comprend soudain que rien dans cette histoire n’est dû au hasard et que les véritables enjeux de cette énigme dépassent le fantasme d un idéal de beauté.

Mon avis :

J’ai terminé cet ouvrage hier après-midi et depuis je me demande comment je vais pouvoir parler de cet ouvrage qui ne m’a pas plus touchée que ça.

J’ai du mal à mettre mes idées en place. Je trouve qu’il n’y a pas beaucoup à dire sur ce livre. C’est plutôt bizarre parce que d’habitude je trouve toujours quoi mettre dans mes chroniques. Du moins, un minimum.

Là, j’ai l’impression que je n’apporterai pas plus que ce que la présentation de l’éditeur nous offre.

Je vous dirai donc que l’ouvrage se lit très rapidement mais je n’y ai pas trouvé ce petit quelque chose qui en fait un livre qu’on ne peut pas s’empêcher de retenir. Le style fait qu’on accroche à certains passages et qu’à d’autres, notamment les dialogues, il n’y a rien de particulier.

Les échanges entre Adrien et Lena sont de pures formalités. Il faut bien faire avancer le schmilblick. D’ailleurs, le personnage de Lena est détestable (en tout cas pour moi). Je n’ai pas aimé sa façon d’être, de parler.

Par contre, le côté intéressant réside dans l’analyse des toiles, les recherches à effectuer pour trouver la similitudes entre les toiles. Certes, il y a des termes techniques qu’il faut assimiler mais cela n’a pas affecté plus que ça ma lecture. Bien au contraire, cela me motivait pour poursuivre d’autant plus qu’au fur et à mesure que l’on progresse, une note de fantastique vient également s’immiscer dans l’ouvrage.

Dès les premières lignes, j’ai vraiment craint de ne pas pouvoir aller au bout de ce livre. Quelque chose me gênait et ce quelque chose prend une part de plus en plus importante : la mort.

L’auteur la met souvent en avant et finalement cela m’a mise mal à l’aise. Non pas que je ne lise pas d’ouvrage sur ce thème mais, pour ma part, ce n’était pas le bon moment même si la plume de Thanh-Van Tran-Nhut est relativement poétique et plaisante.

Depuis plusieurs mois maintenant, je suis confrontée à de nombreux décès et du coup je pense devenir de plus en plus cartésienne. Certaines choses me choquent quand je les lis ou quand je les entends.

Alors, oui l’histoire est intéressante à découvrir et se lit vite; j’ai également tenté de suivre le raisonnement d’Adrien mais non je n’ai pas spécialement adhéré à la finalité.

D’ailleurs, la fin m’a laissé perplexe. J’en attendais vraiment autre chose. J’ai compris ce qu’Adrien allait faire mais je ne m’attendais pas à ce que ce soit cette personne là ! La folie n’est pas loin…

Cet ouvrage a été lu dans le cadre d’un partenariat entre Livraddict et les Editions Robert Laffont que je remercie pour cet envoi.

Publié dans Roman | 14 Commentaires »

Des fleurs pour Algernon

Posté par belledenuit le 9 février 2010

Des fleurs pour Algernon dans SF/Fantasy/Fantastique 41QFP5E7V0L._SL160_AA115_Auteur : Daniel Keyes

Editions : Flammarion (2004)

Nbre de pages : 466

Présentation de l’éditeur :

Charlie Gordon a 33 ans et l’âge mental d’un enfant de 6 ans. Il voit sa vie boulversée le jour, où, comme la souris Algemon, il subit une opération qui multipliera son QI par 3. Charlie va enfin pouvoir réaliser son rêve : devenir intelligent. Au jour le jour, il fait le compte-rendu de ses progrès. Mais jusqu’où cette ascension va-t-elle le mener ?

Mon avis :

Autant le dire dès le départ : j’ai été bouleversée par cet ouvrage.

Il est beau, prenant et poignant !

Au départ, je ne pensais pas que j’accrocherais parce que les 30 premières pages sont écrites avec un très mauvais style. L’auteur s’est mis totalement dans la peau d’un handicapé mental pour nous mettre vraiment dans l’ambiance.

Car l’histoire nous est racontée par Charlie Gordon, un jeune homme de 33 ans qui va voir sa vie totalement changée par une opération qui doit considérablement augmenter ses facultés intellectuelles.

Et le plus grand rêve de Charlie est d’être intelligent : pour pouvoir lire et écrire correctement mais aussi et surtout pour avoir des amis.

On ressent cette envie dès le départ et c’est terriblement poignant de se rendre compte à quel point ces personnes ont ce besoin d’être entouré, aimé, chouchouté.

Au-delà de la simple expérience médicale qui a pour but de trouver un moyen pour rendre les handicapés mentaux comme tout un chacun, l’ouvrage met bien en exergue la difficulté de ces derniers d’être considérés comme de véritables êtres humains comme nous le sommes.

D’ailleurs, Charlie le dit et le crie suffisamment souvent dans l’ouvrage : il est un être humain mais il l’était aussi avant l’opération. La différence c’est la façon dont nous (être normaux) nous percevons cet homme qui a changé.

Le plus frappant est donc la façon dont il se rend compte des choses une fois l’intervention chirurgicale passée, la manière dont il les analyse et comment il réagit.

L’évolution du personnage est vraiment très bien faite. Je n’aurais pas pu l’imaginer différemment.

Charlie est attachant dès le départ mais il le devient encore plus au fur et à mesure que l’on progresse dans notre lecture. Et notamment vers la fin…

Je ne vous raconterai pas ce qui se passe parce que, sincèrement, il faut que la majorité lise cet ouvrage qui n’est pas simplement un livre de science-fiction. C’est au-delà que ça se passe.

Le livre nous ouvre les portes d’un monde qui pourrait se présenter un jour ou l’autre. En tout cas, pour tous ceux qui sont comme Charlie, je souhaiterais véritablement que la science arrive à quelque chose pour les aider.

En attendant, c’est à nous de faire un pas, de faire un geste pour qu’ils ne se sentent pas « différents ». Un simple mot, un simple sourire et on sent déjà que c’est du soleil qu’on leur offre.

Je ne dirai pas que c’est un coup de coeur que j’ai eu pour cet ouvrage. Tenant le thème abordé, je trouve que le terme n’est pas approprié mais je dois vous dire que ça m’a beaucoup touchée, que je ne suis pas prête de l’oublier et que, forcément, je le recommande. D’ailleurs, la fin m’a tellement émue que j’en ai eu les larmes aux yeux. Si ça ce n’est pas un signe que l’ouvrage est magnifique, je ne sais pas ce que ça veut dire alors !

defiSF dans SF/Fantasy/Fantastique

2/3

Publié dans SF/Fantasy/Fantastique | 40 Commentaires »

Neuf valises

Posté par belledenuit le 4 février 2010

Neuf valises dans Biographie/Temoignage 51xxmRW8G6L._SL160_AA115_Auteur : Béla Zsolt

Editions : Seuil (2010)

Nbre de pages : 412

Présentation de l’éditeur :

« Voilà comment, d’une seule phrase, j’ai tué quarante-neuf personnes.  » Béla Zsolt ne s’épargne pas. Et pourtant, le sort non plus ne l’a pas épargné, lui, le juif hongrois qui a quitté la France en 1939 pour retourner dans sa patrie, autant dire dans la gueule du loup. Ces mots terribles illustrent le quotidien du front de l’Est, où il sert dans une unité de travaux forcés comme tant de ses coreligionnaires. La prochaine étape de sa destinée est le ghetto de Nagyvarad, où il attend avec sa femme son transfert vers les camps de la mort. Le couple est sauvé in extremis mais le calvaire n’en est pas fini pour autant. Une nouvelle arrestation puis un internement à Bergen Belsen suite au marchandage de Rezso Kasztner avec les nazis précéderont leur départ pour la Suisse et leur libération définitive. Libération ? Comme tant de rescapés de la solution finale, Zsolt est hanté par ces années vécues au bord du gouffre. Il nous livre ici un récit d’exception, écrit à chaud au fil des persécutions, un  » témoignage-reportage  » sans concession aussi glaçant qu’émouvant.

Mon avis :

Neuf valises est un témoignage de Béla Zsolt sur les conditions de vie et de détention des juifs en Hongrie pendant la Seconde Guerre Mondiale.

La particularité de cet ouvrage réside dans le fait que sa parution, dans son intégralité, ne date que de 1980, soit près de 40 ans après les faits. Jusque là, seule une édition en feuilleton en 1947 avait été publiée dans le journal créé par Béla Zsolt lui-même : Haladàs.

L’auteur était un précurseur dans le genre de la littérature de l’holocauste. Neuf valises est le premier témoignage qui a été donné de faire dès après la fin de la guerre.

De nos jours, beaucoup de langues se sont déliées, beaucoup d’auteurs ont écrit mais Béla Zsolt fait bien partie des premiers à avoir montré l’horreur et la bestialité des hommes envers leurs congénères.

Sur ce point, l’ouvrage est intéressant puisqu’il nous permet de nous rendre compte de ce qu’il s’est passé en Hongrie qui était l’un des rares pays où les juifs n’étaient pas déportés en masse vers les camps de concentration pour y être exterminés, comme dans le reste de l’Europe Occidentale.

Ce pays préférait envoyer ces hommes en Ukraine en tant que travailleurs forcés sur le front.

L’ouvrage nous permet, au travers du texte narratif de Béla Zsolt, de vivre ces instants où ces hommes vivent dans des conditions atroces, souffrent de faim mais aussi de la rigueur du climat. Rien ne nous est épargné et certaines scènes de torture décrites sont difficiles à « digérer ».

L’auteur nous fait part de ce qu’a été son existence en Ukraine puis de celle vécue dans le ghetto de Nagyvaràd. Cela constitue la première partie de l’ouvrage.

Si le thème est forcément ardu par sa contenance, l’écriture de Zsolt, elle, ne tourne pas dans le pathos. Il écrit et décrit ce qu’il a vu, ce qu’on lui a raconté mais il ne met pas le lecteur mal à l’aise face à toutes ces barbaries.

Ce qu’il explique, par contre, et où j’ai ressenti comme un désarroi c’est comment il s’est retrouvé en 1939, alors que la guerre était en route, à retourner en Hongrie alors qu’il avait fui ce pays quelques mois auparavant pour se réfugier à Paris et de là vers d’autres destinations plus sûres.

L’histoire des « valises » y est pour beaucoup et j’ai bien senti qu’il leur en voulait à ces valises ! Bon nombre de fois, il y revient dessus.

Car si elles n’avaient pas été là, si sa femme n’avait pas insisté pour les garder, leur destin aurait pu être tout différent.

Dans l’ensemble, je dirai que comme tout témoignage, ce livre est à découvrir. On peut se rendre compte de ce qu’était la vie de ces juifs hongrois. Histoire que je connaissais pas.

De plus, il est complété par deux annexes qu’il est nécessaire de lire pour comprendre comment Béla Zsolt est passé de sa situation à la fin de la première partie à celle de la seconde.

Même si le genre narratif n’est pas celui que je préfère, il n’en demeure pas moins que l’oeuvre de Zsolt tient bien son rôle de devoir de mémoire.

Comme le dit Ladislaus Löb dans l’annexe 2 :

« Un demi-siècle plus tard, le sujet [la littérature de l'holocauste] a suscité une quantité considérable d’écrits, mais l’oeuvre de Zsolt reste unique.

En se concentrant sur ce qu’il a vécu au ghetto de Nagyvaràd et comme travailleur forcé en Ukraine, il offre un aperçu rare et extrêmement perspicace du fascisme hongrois, et brosse en même temps un tableau saisissant des abîmes de cruauté, d’indifférence, d’égoïsme, de lâcheté et traîtrise dont les hommes en général – les victimes comme les bourreaux – sont capables dans des conditions extrêmes, créées par les hommes eux-mêmes. (…)

Zsolt est non seulement un des premiers écrivains de l’holocauste, c’est aussi un des plus accomplis, soutenant la comparaison avec Primo Levi, Elie Wiesel ou Imre Kertész. » (p. 412)

Ce livre a été lu dans le cadre de Masse Critique organisé par Babelio que je remercie pour l’envoi.

Publié dans Biographie/Temoignage | 10 Commentaires »

Récapitulatif de mes lectures de janvier 2010

Posté par belledenuit le 2 février 2010

J’inaugure cette nouvelle année avec une nouvelle catégorie qui viendra en début mois vous récapituler les lectures que j’aurai faites le mois précédent et LE livre qui m’aura le plus interpelé.

Je ne sais pas si le coup de coeur sera présent mensuellement mais je dois bien vous dire que le mois de janvier, lui, a été particulièrement riche en belles et étonnantes lectures.

Je me rends compte que j’apprécie de plus en plus la littérature jeunesse que j’avais toujours mise de côté, ne me sentant pas l’âme suffisamment enfantine pour m’y plonger dedans. J’ai changé mon fusil d’épaule parce qu’il y a de très bons ouvrages à découvrir dans ce genre là. Mais je dois aussi remercier ma fille pour son engouement littéraire et les avis qu’elle me donne dès qu’elle a terminé un ouvrage. Selon, ça me tente ou non mais au moins j’ai déjà un premier point de vue qui, pour moi, est primordial : si elle le dévore c’est qu’il vaut vraiment le coup !

Mais revenons plutôt à mes lectures de janvier 2010 avec dans l’ordre :

  • La trilogie des elfes de Jean-Louis Fetjaine

  • Créature de la nuit de Kate Thompson

  • La Route de Cormac McCarthy

  • Un lion nommé Christian de Anthony Bourke & John Rendall

  • 84, Charing Cross Road

  • Chasse à l’homme de Christophe Guillaumot

  • Coeur d’encre de Cornelia Funke

  • La reine de Saba de Marek Halter

  • Les chroniques de Spiderwick de Tony Diterlizzi & Holly Black

  • Fantômes d’hiver de Kate Mosse

  • Petit Mao de Jacques Baudouin

  • Le rêve de Martin de Françoise Henry

Et mon coup de coeur pour ce mois de janvier va pour Petit Mao de Jacques Baudouin. Un ouvrage superbe que je vous conseille de découvrir tant il est prenant, dense mais magnifique.

J’espère que le mois de février me réservera autant de belles lectures.

Publié dans Bilan des lectures | 10 Commentaires »

Un nouveau défi sans contrainte

Posté par belledenuit le 1 février 2010

L’idée vient de Suzanne qui tient le blog Balades entre les lignes sur lequel j’aime beaucoup me ballader. Son défi s’appelle :

Un nouveau défi sans contrainte defiplumequebecoise

Il n’y a rien de contraignant plus qu’il suffit de lire 4 ouvrages d’auteurs québécois dans le temps et le genre que nous souhaitons.

Autant dire que je suis largement partante même si par chez moi j’ai bien du mal à trouver à ma médiathèque des auteurs du Québec.

J’ai néanmoins réussi à faire une liste de quatre auteurs même si pour deux d’entre eux il s’agira de lire des sagas.

Voilà ma liste :

- Bernard ASSINIWI : La saga des Béothuks (LU)

- Arlette COUSTURE :  Ces enfants d’ailleurs et L’envol des tourterelles

- Jacques POULIN : Volkswagen blues

- Michel TREMBLAY : Un ange cornu avec des ailes de tôle

Edit du 11.02.2010 : J’ai modifié ma liste en supprimant la trilogie de Nicole FYFE-MARTEL et en la remplaçant par l’ouvrage de Bernard ASSINIWI.

Publié dans Non classé | 13 Commentaires »

L’affaire Jacques Viguier : L’engrenage infernal

Posté par belledenuit le 1 février 2010

L'affaire Jacques Viguier : L'engrenage infernal dans Biographie/Temoignage 2753805309cAuteur : Dominique Labarrière

Editions : Alphée (2010)

Nbre de pages : 168

Quatrième de couverture :

27 février 2000. Suzanne Viguier, mère de 3 enfants, épouse de Jacques Viguier, professeur de droit public à la faculté de Toulouse, disparaît. La piste du mari meurtrier est la seule suivie bien qu’elle ne repose sur aucune preuve, aucun indice matériel probant. Après neuf années d’un hallucinant feuilleton judiciaire et médiatique, Jacques Viguier est acquitté.
Contre toute attente, le parquet annonce alors qu’il fait appel. Décision surprenante, compte tenu du principe de droit pénal qui induit que l’acquittement doit profiter à l’accusé…
Sous une plume claire et précise apparaissent les moments forts de l’enquête, de l’accusation, du procès et du traitement médiatique de cette affaire. L’auteur décrit, dans un récit vivant et rigoureusement authentique, un drame humain, un engrenage judiciaire implacable. Un document complet et édifiant qui permet de comprendre dans quelle tourmente tout citoyen peut être pris.

Mon avis :

J’ai lu ce documentaire en une journée. Il faut dire que lire une telle histoire qui pourrait arriver à tout un chacun ça nous fait nous accrocher.

Sans entrer dans les détails sur ce qu’expose Dominique Labarrière dans son ouvrage, L’affaire Viguier est un excellent moyen de se rendre compte de comment est menée une enquête, quelles en sont les failles, les petites faiblesses et sur le peu dont repose notre crédibilité auprès des enquêteurs et des juges d’instruction qui lorsqu’ils ont une proie en face d’eux font tout pour la mettre à mal.

Dès le départ, l’auteur nous donne de toute façon son opinion sur cette affaire qui est loin d’être réglée puisque le procès en appel doit se tenir devant la Cour d’Assises d’Albi le 9 mars 2010 : vu le peu de preuves à charge contre Jacques Viguier et les incohérences de l’instruction, l’acquittement dont il a bénéficié devant la Cour d’Assises de Toulouse est le résultat qui devait intervenir de toute façon.

Dominique Labarrière met donc le doigt sur les erreurs, les oublis de l’enquête, les recherches non effectuées dans les temps (ou alors trop d’années après pour que cela donne des résultats probants)… de sorte que la culpabilité de Viguier est loin d’être établie.

C’est un documentaire très intéressant, pas réellement compliqué à suivre dans le raisonnement de l’auteur ni même dans la façon dont il nous raconte les faits point par point puisque à de nombreuses reprises il n’hésite pas à ironiser certains faits et gestes ou même réflexions faits par les différentes parties à l’instruction ou lors du procès.

Cela donne une note un peu moins dramatique à l’ouvrage même si, dès le départ, nous savons que la question de la culpabilité de Jacques Viguier est finalement remise en cause par cet appel du Parquet.

Le but de l’ouvrage n’est pas de raconter dans les détails tout ce qui a précédé au procès mais de bien démontrer que la justice elle aussi fait des erreurs et que malheureusement pour nous, citoyens, lorsque tel est le cas il est bien difficile de prouver notre innocence alors que c’est à l’accusateur de donner la preuve de la culpabilité de quelqu’un. Chose qui est difficilement faisable ici.

D’ailleurs si l’acquittement a été rendu en première instance, c’est que le dossier ne contient rien et l’appel du Parquet, comme le note l’auteur, donne l’impression que la justice cherche un coupable et qu’elle fera tout pour en trouver un quel qu’il soit !

Ce livre a été lu dans le cadre d’un partenariat entre Livaddict et les Editions Alphée que je remercie pour cet envoi.

Publié dans Biographie/Temoignage | 6 Commentaires »

Le rêve de Martin

Posté par belledenuit le 29 janvier 2010

Le rêve de Martin dans Contemporain 4105usAWThL._SL160_AA115_Auteur : Françoise Henry

Editions : Le Livre de Poche (2008)

Nbre de pages : 155

Présentation de l’éditeur :

« Il m’a caressé la joue comme jamais personne ne me l’avait caressée. J’ai fondu. J’ai tout oublié. J’ai tout donné. Je me suis laissé glisser à terre avec lui. Le crépuscule nous protégeait. La terre était mouillée, l’herbe giflait doucement nos bras nus, je me suis salie, j’ai ri, j’ai eu du plaisir. Tu n’étais pas encore là, Martin, tu venais de commencer le chemin qui te mènerait au jour.  » Martin n’a jamais compris pourquoi il a, un jour, été rejeté par ses parents. Il va enfin découvrir sur quel secret reposait sa vie brisée.

Mon avis :

Après avoir eu un coup de coeur, c’est un coup de bambou que je viens de recevoir avec cet ouvrage là. Non pas qu’il m’ait plu à un point extrême car justement c’est tout le contraire qui s’est produit.

Malgré l’histoire de Martin, que l’on apprend très rapidement, je me suis ennuyée à écouter cette mère chercher le pardon de son enfant aux portes de sa mort.

Car c’est l’âme maternelle qui parle à celle de son fils qui va bientôt la rejoindre.

Cela aurait pu faire une très belle lecture mais ça n’a pas été du tout le cas. En tout cas pour moi.

Ennui, exaspération, colère même vis-à-vis de cette mère qui ne fait que se répéter tout au long des 150 pages qui forgent ce livre. Voilà ce que j’en retiendrai.

Elle nous raconte ce qu’a été la vie de Martin et ce qu’elle aurait pu être si elle, sa mère, avait été forte, plus courageuse, plus volontaire aussi.

Elle regrette mais le résultat est là !

Je n’ai pas adhéré du tout à l’histoire même si du côté de l’écriture il n’y a rien à dire. Françoise Henry rend les émotions comme il se doit. C’est plutôt le remord de cette mère qui m’a, au bout du compte, exaspérée au plus haut point !

Un autre avis plus positif, celui de Tamara.

Publié dans Contemporain | 12 Commentaires »

123456...27
 

Fictions de crise |
poesieombrelumiere |
poesie diverses |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | isefra
| Plume d'enfants
| La vie est un mélange de no...