Petit Mao

Posté par belledenuit le 27 janvier 2010

 Attention : Coup de ♥ !

Petit Mao dans Historique/Uchronique 9782709633260

Auteur : Jacques Baudouin

Editions : JC Lattès (2010)

Nbre de pages : 249

Présentation de l’éditeur :

He Zizhen me mit au monde en novembre 1932. Année du Singe. Les astrologues prétendaient jadis que les hommes-singes sont d’aimables vivants, insouciants et agiles. Tout le contraire de moi. Je suis né à Tingzhou, dans l’ouest du Fujian, petite ville presque tropicale au bord d’un fleuve boueux. Le parti communiste y avait relégué mon père Mao pour des motifs que je parvins à élucider plus tard. En me découvrant, eut-il ce sourire que l’on voit sur ses portraits qui ont envahi nos villes jusqu’à l’écoeurement ? J’en doute. On m’appela Mao Xiao, Petit Mao. Fondé sur une connaissance approfondie de l’histoire chinoise, servi par une écriture inspirée, Petit Mao réussit à faire entendre la voix d’un enfant puis d’un homme confronté au mystère de son identité et à l’absurdité de la vie.

Mon avis :

Depuis ce début d’année, j’ai la chance de cumuler de belles lectures malgré leurs univers très différents.

Cependant, je n’arrivais pas à obtenir ce petit plus émotionnel qui allait faire d’un ouvrage un coup de coeur. C’est maintenant chose faite avec ce livre si dense et si particulier qu’est Petit Mao de Jacques Baudouin.

L’histoire de Mao Xiao (dit Petit Mao) est celle de la vie du fils de Mao Zedong dans la Chine des années 1930 à 1965 environ.

Autant dire que dès le départ, je me doutais que ce ne serait pas une lecture facile. Du peu que je connais de la Chine maoïste, je me demandais si j’allais pouvoir atteindre la fin de l’ouvrage sans difficulté mais surtout comment l’auteur allait nous raconter la vie de ce petit garçon dans un contexte politique très particulier.

S’agissant de la narration, le style épuré et pourtant incisif par moments nous permet de nous placer comme des acteurs vivant aux côtés de tous les personnages qui entourent Petit Mao.

On suit depuis sa naissance, jusqu’à ses 32 ans,  cet être qui se cherche dans une Chine partagée entre les différentes révolutions, la Guerre de Corée, l’invasion japonaise, le Grand Bon en avant et la Révolution Culturelle.

En 250 pages, Jacques Baudouin nous montre ce que cet enfant recherche (des parents); comment il se perçoit mais aussi et surtout comment il s’imagine qu’on le voit.

La quête d’identité est son but ultime à partir du moment où son père adoptif, Wang Yi, lui fait cette terrible confidence.

A partir de ce moment, il tombe dans un questionnement sans fond : Pourquoi a-t-il été abandonné ? Pourquoi Mao Zedong le renie-t-il ? Mais surtout, pourquoi son père adoptif lui a fait cet aveu que quelque part il se refuse d’admettre ?

L’ouvrage est particulièrement bien fait et très bien écrit. Malgré la rudesse des mots dans certains passages qui ne montre que la réalité de la Chine communiste, j’ai pu aisément avancer. Il m’était très difficile de le lâcher.

Mao Xiao est tellement attachant; Wang Yi, le père adoptif, l’est tout autant même s’il comprend que son fils a besoin d’avoir des réponses pour pouvoir mener une vie à peu près stable.

Car cette histoire est aussi une belle preuve d’amour entre un père adoptif et ce fils qui n’est pas le sien naturellement mais qui le devient par la force des choses. L’attachement de ces deux êtres est énorme, bouleversante même. Finalement, ils comptent l’un sur l’autre pour survivre dans ce pays ravagé par la montée du communiste.

Entre la volonté de l’un d’être reconnu par son vrai père et celle de ce père de coeur qui ne le veut que pour lui, les mots de Jacques Baudouin m’ont totalement envoûtée. Tout est splendide malgré les souffrances de l’un et de l’autre.

« (…) je finis par m’endormir heureux, délivré de l’angoisse qui m’habitait depuis notre départ : peut importe qui j’étais, le fils de Mao Zedong, celui de Wang Yi ou de je ne sais qui, j’allais rester avec mon père de coeur et nous allions rentrer bientôt chez nous. » (p. 111)

Malgré tout, Petit Mao a ce besoin incessant de savoir. Mais dans la Chine de ces années là, les réponses qu’il a besoin d’obtenir ne seront qu’un tas d’illusions car qui est-il pour finalement mettre le trouble au sein du Parti ?

Ce livre est d’une densité extrême malgré le peu de nombre de pages qu’il a : questionnement du Soi, recherche d’identité, amour filial et paternel, illusions, réflexions aussi sur l’importance du Parti, la personnalité de Mao Zedong et conséquemment tout ce que cela a engendré dans la vie de Petit Mao.

J’ai tout simplement fondu malgré des coups durs. Tout n’est pas rose; loin de là et émotionnellement cet ouvrage est terrible. Je n’arrive d’ailleurs pas à en sortir alors que j’ai fini ma lecture hier. En reprenant certains passages, j’ai une boule au fond de la gorge par le souvenir de ce que ces êtres ont pu vivre.

C’est mon premier coup de l’année 2010 et je crois qu’il restera longtemps dans ma mémoire !

Un grand merci à Anne Blondat des Editions JC Lattès pour cet envoi magistral.

L’avis de Ellcrys pour qui c’est également un coup de coeur !

Quelques extraits :

« En m’abandonnant jadis sans un regard, mon père ne souhaitait pas autre chose que cet effacement de la surface terrestre. S’était-il jamais intéressé à moi ? Non, il préféra sa guerre, féroce et inhumaine, sa guerre pour le pouvoir. Mais je ne l’ai su que plus tard, bien plus tard. Pendant des années, loin de lui, j’ai cru qu’il m’attendait et m’avais réservé une place dans son âme à défaut de son coeur. Illusions : ni coeur ni âme. » (p. 11)

 » – Chen Yuxiu n’est pas ma mère, n’est-ce pas ? demandais-je.

Wang Yi poussa un soupir et se gratta le front avant de répondre.

- Non. Mais je voudrais que tu saches ceci : quoi qu’il arrive, quoi que je fasse, tu seras toujours mon petit Mao bien-aimé. Le fils que le destin, et non la vie, m’a donné. » (p. 35)

 

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Les fantômes d’hiver

Posté par belledenuit le 25 janvier 2010

Les fantômes d'hiver dans Historique/Uchronique 9782709634588Auteur : Kate Mosse

Editions : JC Lattès (2010)

Nbre de pages : 264

Présentation de l’éditeur :

La Grande Guerre a anéanti une génération tout entière, fauchée à la fleur de l’âge… Dans le cas de Freddie Watson, un jeune Anglais du Sussex, elle lui a pris son frère bien-aimé et, ce faisant, lui a volé la paix de l’esprit. Hanté par cette disparition, il erre sans savoir comment échapper à cette douleur qui le paralyse. Durant l’hiver 1928, Freddie voyage dans le sud-ouest de la France, une autre région qui a vu couler trop de sang au cours des siècles, quand sa voiture quitte la route. Encore sous le choc, il s’enfonce en chancelant dans les bois et trouve refuge dans un village isolé. Là, lors d’une étrange soirée, il rencontre Fabrissa, une belle jeune femme qui pleure elle aussi une génération perdue. Au cours d’une seule et même nuit, Fabrissa et Freddie se confient mutuellement leur histoire. Le lendemain, Freddie se retrouvera devant un mystère déchirant dont lui seul détient la clé.

Mon avis :

Avant toute chose, je tiens à préciser que je n’ai jamais lu d’ouvrage de Kate Mosse. Labyrinthe et Sépulcre sont toujours dans ma LAL et je ne me décide pas à franchir le pas pour les emprunter et m’y plonger dedans.

Fantômes d’hiver est donc une découverte et je dois bien vous avouer que j’ai été agréablement surprise par cette auteure.

Les avis plutôt mitigés sur ces deux premiers opus me faisaient craindre une histoire qui ne tiendrait peut-être la route, avec des invraisemblances ou toutes autres choses qui auraient rendu ma lecture difficile.

Que nenni ! Cela n’est pas arrivé si ce n’est l’impossibilité de lire pendant 2 jours à cause d’une satanée sinusite qui m’empêchait de faire ce que je voulais !!!

Après avoir attendu (im)patiemment que je puisse lire deux phrases à la suite tout en comprenant ce qu’elles signifiaient, j’ai pu enfin terminer cet ouvrage qui est un hymne au souvenir de nos disparus et à la vie qu’il nous faut mener malgré la douleur et l’absence.

Le fait que le paranormal se mêle à l’histoire racontée par Freddie m’a donné quelques frissons. Un village perdu au milieu de l’Ariège; des êtres étranges qui semblent avoir un lourd secret; une atmosphère pesante, hivernale… En bref, tout un contexte pour nous mettre mal à l’aise et se demander où l’auteure va nous mener même si s’agissant de Freddie nous savons ce qu’il en est.

La question est : va-t-il s’en sortir ? Va-t-il réussir à reprendre sa vie en main et de quelle façon ?

Vous l’aurez compris, il m’a été difficile de lâcher Fantômes d’hiver parce que je me suis totalement et rapidement attachée à Freddie mais pas seulement.

Par moment, je pouvais comprendre les émotions, le vide, les interrogations de cet hommes face à cette vie qui lui a enlevé la seule personne au monde qui s’intéressait à lui.

Sa rencontre avec Fabrissa, un être hors norme, va tout bouleverser. Parce qu’il y a des tas de façons de perdre un être qui nous est cher, Freddie va apprendre à voir les choses différemment.

Ce n’est pas un coup de coeur mais c’est une lecture très belle, qui se laisse lire et qui nous emporte au-delà de la réalité.

Je remercie Anne Blondat des Editions JC Lattès pour cet envoi.

D’autres avis sur Bibliomania de Livraddict.

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Les chroniques de Spiderwick

Posté par belledenuit le 22 janvier 2010

Les chroniques de Spiderwick dans Jeunesse 51nOcGyBfGL._SL160_AA115_Auteurs : Tony Diterlizzi & Holly Black

Editions : France Loisirs (2009)

Nbre de pages : 484

Résumé :

À la vue de Spiderwick, leur nouvelle maison, les enfants Grace ont eu la chair de poule. Le mystère s’épaissit avec la découverte d’un grimoire : les créatures fantastiques qu’il décrit existent-elles vraiment ?
Bravant l’interdiction du livre, nos héros embarquent pour la plus redoutable des aventures.

Mon avis :

La lecture de ce livre s’est faite après que ma fille m’ait fait découvrir le film et après qu’elle ait elle-même lu l’ouvrage qu’Ellcrys nous a très gentilment prêté.

J’ai été impressionnée par l’adaptation qui a été faite de ce bouquin et je me doutais bien qu’il me ferait passer un très bon moment. Et c’est exactement ce qui est arrivé : encore une fois pour ce mois de janvier, ma lecture a été gé-niale ! Je n’ai pas vu le temps passé.

En fait, ce livre m’a fait le même effet que Coeur d’encre de Cornelia Funke que j’ai lu et chroniqué récemment. Le réel et l’imaginaire se confondent et on vit l’aventure avec autant d’ardeur que les personnages eux-mêmes. Il m’était difficile de le lâcher malgré des migraines dues à une bonne sinusite et je pestais lorsque je n’avais plus le choix et que je devais le fermer (les yeux qui brûlent, qui pleurent et se ferment…)

Bref ! J’ai lu ce titre en deux jours et je me suis dit : « Waouh !! Mieux que le film. Ca n’a rien à voir ! »

Et pour cause : même si le style des auteurs est très simples et si certaines des difficultés que rencontrent les enfants Grace sont très rapidement résolus à mon goût, j’ai été bluffée par le fait que le livre et le film finalement prenaient des voies différentes.

Quelque part, ça permet de mieux apprécier l’ouvrage mais je pense qu’à vouloir faire une adaptation, autant qu’elle soit le plus fidèle possible au livre.

Je n’ai pas fait attention dans le film mais dans le livre Chapouin, le farfadet qui protège le livre secret et ses habitants, parle en faisant des vers. J’ai trouvé cette façon de faire génialissime.

« Chafouin apprécie sa nouvelle maison;

Mais, las ! il vient vers vous pour une autre raison. »

(…)

« Le guide Spiderwick n’est pas pour les mortels.

Il leur montre trop bien que les fées sont réelles…

Enfants, brûlez ce livre avant qu’il ne vous brûle !

Oubliez ce qu’il dit, jusqu’aux moindres virgules.

Qui s’y frotte s’y pique, et, bientôt, disparaît :

Accidents et magie protègent le secret… » (p. 97)

Ensuite, nous avons droit à une happy end dans le film alors que ce n’est pas vraiment le cas dans le livre. De plus, les lieux où l’action finale se situe sont totalement différents. C’est un peu déroutant mais on peut aussi comprendre qu’un film doit résumer en 1h30 un livre qui fait plus de 400 pages !

Par contre, les créatures sont très biens représentées (que ce soit les gobelins ou les fées de la maison de retraite). Sur ce point, le film est sensationnel ! Les images sont superbes.

Vous l’aurez compris, je vous conseille fortement de lire cet ouvrage où apparaîssent de superbes dessins représentant les êtres qui le façonnent ou les différentes situations dans lesquelles se retrouvent les enfants Grace.

Il est intéressant, facile à lire et dépaysant. On s’évade totalement.

Quant au film, je pense que quelque part il apporte un plus à l’ouvrage notamment par la conception des créatures qui sont dans l’ouvrage. Par ailleurs, la musique est jolie, elle s’adapte bien aux scènes dont certaines sont magnifiques même si du point de vue de l’histoire le scénario a été modifié.

Quelques extraits :

Description des gobelins : « Grâce à la lunette, Jared découvrait les gobelins à l’extérieur de l’écurie. Ils étaient cinq, et encore pires en vrai que sur le dessin : avec une tête de grenouille, totalement chauve, des oreilles de chat déchiquetées, pointant de chaque côté du crâne, des yeux tout blancs, sans pupille, effrayants. Leurs dents étaient faites d’éclats de verre et de petits morceaux de pierre effilés. Leurs corps verts, parsemés de pustules, se mouvaient avec agileté sur la pelouse. » (p. 127)

Description de Chapouin : « Le bruit provenait du bureau. En effet, sur le plan de travail se tenait un homme miniature, de la taille d’un crayon, coiffé d’un chapeau à large bord. Ses petits yeux étaient noirs comme des scarabées; son nez était rouge et épaté. Il ressemblait trait pour trait à l’illustration du farfadet sur le grimoire. » (p. 95)

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La reine de Saba

Posté par belledenuit le 20 janvier 2010

La reine de Saba dans Historique/Uchronique 51zMaeBAEwL._SL160_AA115_Auteur : Marek Halter

Editions : Robert Laffont (2008)

Nbre de pages : 336

Présentation de l’éditeur :

Elle était noire. Elle était belle. Elle subjuguait par son esprit. Guerrière, elle imposa la paix, neuf siècles avant notre ère, sur le fabuleux royaume de Saba, pays d’or et d’encens. Mais sa plus belle bataille fut celle de l’amour et de l’intelligence mêlés. Elle défia le roi Salomon par le jeu des énigmes. Vaincue, elle se donna à lui pour trois éblouissantes nuits. Trois nuits que le chant du Cantique des cantiques inscrira pour l’éternité dans la mémoire amoureuse de l’Occident. L’histoire nous dit que Makéda, reine de Saba, et Salomon, roi de Juda et d’Israël, eurent un fils, Ménélik, le premier d’une longue lignée de rois africains. A la suite de la Bible, des Evangiles et du Coran, la reine de Saba a fait rêver des générations de peintres, de poètes et d’écrivains. Aujourd’hui, s’appuyant sur les dernières fouilles archéologiques, Marek Halter part à son tour à sa rencontre. Il nous révèle une reine de Saba d’une modernité inattendue.

Mon avis :

La reine de Saba est le deuxième titre de l’auteur que je découvre. Si Le vent des Khazars m’avait emballé dans sa partie historique, j’ai été totalement envoûtée par l’intégralité de l’ouvrage La reine de Saba.

Même s’il est scindé en cinq parties, il n’en demeure pas moins que trois s’en détachent réellement : la vie de Makéda auprès de son père, Akébo le Grand, dans sa jeunesse puis sa vie en tant que reine de Saba et reconquête de son pays et enfin sa rencontre avec Salomon, roi de Juda et d’Israël.

J’ai beaucoup aimé la façon dont Marek Halter, avec un style plutôt simple mais précis, nous raconte l’existence de cette femme au caractère bien trempé et à la ruse efficace.

Depuis son plus jeune âge, son père savait quel genre de reine serait Makéda et Marek Halter, grâce à sa plume, fait revivre ce personnage haut en couleurs.

Malgré tout, je regrette que l’auteur ne soit pas allé au coeur de la stratégie militaire de cette femme lors des combats qu’elle a dû mener. Il parle d’idées pour gagner les batailles mais passe outre sur les précisions de sorte que le lecteur soit lui aussi dans la confiance.

Ces passages nous laissent donc sur notre faim. C’est dommage !

Néanmoins, pour ceux et celles qui veulent entrer dans la légende de la reine de Saba (parce qu’après recherches on ne sait pas si elle a réellement existé), cet ouvrage est un délice. Je l’ai d’ailleurs lu en 2 jours. C’est dire comme il est intéressant et prenant.

Quelques extraits :

« En dix ans, Akébo avait élevé Axoum au rang d’une ville royale et les hirondelles pouvaient se poser sur des terrasses aussi hautes que leur vol. Il avait fait construire des immensités de digues, irriguant les champs d’opulence. Il avait fait creuser et étayer les mines d’or. Il avait transporté ici, dans ce pays de jungle, de savane et de fauves, le savoir de Maryab. Il avait ouvert son commerce à Pharaon, assurant la prospérité aux clans qui pliaient la nuque devant lui. » (p. 80)

« De ce jour, elle apparut au peuple d’Axoum dans une robe nouvelle : une tunique où les fils d’or alternaient avec des fils d’un bleu indigo et de pourpre. Brodés sur la poitrine, de longs entrelacs soulignaient la fermeté opulente des seins avant d’enlacer la taille comme une ceinture. Cousue près du corps, cette tunique révélait combien en quelques mois Makéda avait atteint la grâce accomplie des femmes faites. (…) Un lourd anneau d’or posé sur son front retenait l’abondance de sa chevelure. Il brillait du même éclat intense que son regard. Sa bouche s’était durcie dans le deuil et en conservait la marque, accordant à la beauté de son visage une puissance qui n’était plus seulement celle de la séduction. » (p. 161-162)

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Coeur d’encre

Posté par belledenuit le 20 janvier 2010

Coeur d'encre dans Jeunesse 51XKYEBF1KL._SL160_AA115_Auteur : Cornelia Funke

Editions : Le Livre de Poche Jeunesse (2006)

Nbre de pages : 765

Présentation de l’éditeur :

« C’est alors qu’elle le vit. La nuit pâlissait sous la pluie et l’inconnu n’était guère plus qu’une ombre. Seul son visage, tourné vers la maison, était éclairé. » Qui est cet inconnu au nom de Doigt de poussière ? Qui est Capricorne ? Et qui est Langue magique ? Meggie ira chercher les réponses dans un vieux village d’Italie et entre les pages d’un mystérieux livre. Un roman qui mélange habilement réalisme, fantastique, et suspense, écrit par la plus célèbre des romancières allemandes.

Mon avis :

C’est un livre qui parle d’un livre. Quoi de plus réjouissant pour une lectrice assidue comme moi. J’étais aux anges. Vous en conviendrez : tous les amoureux des livres aiment être plongés dans ce genre d’univers.

C’est un livre jeunesse. Oui et alors ? Ne vous arrêtez pas à ce genre de chose. Il en vaut largement le coup. Je l’ai dévoré en quelques jours. C’est un signe non ?!

Tout comme certain(e)s blogueurs(euses), je n’étais pas une fana de la littérature jeunesse mais depuis quelques temps maintenant j’ai revu mon jugement et je peux vous certifier qu’il y a de vrais petits bijoux à découvrir (même pour nous adultes qui finalement sommes de grands enfants !)

Mais entrons dans le vif du sujet et « écoutez » ce que j’ai à dire sur Coeur d’encre de Cornelia Funke.

Il s’agit du 1er tome d’une trilogie dont les personnages principaux sont une jeune fille de 12 ans (Meggie), son père, qu’elle surnomme Mo, et Elinor qui est comme sa grand-tante.

Ca ce sont les gentils. Il y en aura d’autres mais je préfère vous laisser les découvrir par vous-mêmes.

Et puis, il y a les méchants mais alors vraiment très méchants. Je ne dirai pas qui ils sont ni comment ils interviennent dans l’histoire sinon je vous spoilie l’ouvrage. C’est mieux de le savoir en le lisant. En tout cas, moi, j’ai a-do-ré !

Bon biensûr, les gentils sont très gentils et les méchants très méchants mais on reste dans de la littérature jeunesse. Donc, tout est gentillet et on a même droit à de l’humour grâce à Elinor (je crois d’ailleurs que ce fût mon personnage préféré. Il me tarde de la revoir dans les autres tomes de la saga).

Pour dire un petit topo sur l’histoire, Mo est relieur. Il répare donc les vieux livres et n’hésite pas à quitter une région pour une autre même si pour cela sa fille doit laisser derrière elle son école et ses copains à n’importe quel moment de l’année scolaire. Meggie, de toute façon, prend l’habitude de ces déménagements impromptus. Mais un soir où une pluie s’abat sur le village où ils habitent, et alors que l’école n’est pas tout à fait terminée, Mo reçoit une étrange visite. Dès lors, la vie de Meggie va basculer.

Cornelia Funke écrit bien, voire même très bien. Je ne me suis pas ennuyée un seul instant. Certes, le style est simple mais l’intrigue est très bien ficelée et l’histoire est très intéressante et prenante. Je n’ai pas vu les pages passées.

C’est vrai qu’il y a quelques répétitions qui sont un peu agaçantes (notamment sur les personnages et leurs caractères) mais je préfère passer sur ces petits inconvénients qui ne m’ont pas gâché ma lecture au final. J’ai littéralement adhéré à ce que Cornelia Funke racontait et je me voyais à la place de Meggie (ses interrogations, ses attentes, ses peurs, ses rêves…)

Avec Coeur d’encre, nous sommes dans un autre monde. L’imaginaire se joint à la réalité et c’est plaisant !

Il me tarde de lire le tome 2, Sang d’encre, pour savoir ce qu’il advient de tous les personnages et si j’ai un conseil à vous donner : LISEZ-LE  pour vous évader et faites le découvrir à vos jeunes.

Un extrait :

« Dans cette maison, les livres s’amoncelaient partout. Il n’y en avait pas seulement sur les étagères comme chez les autres gens, non, ils s’entassaient sous les tables, sur les chaises, dans les coins. Il y en avait dans la cuisine et dans les toilettes, sur le téléviseur et dans la penderie, de petits tas, de grands tas, des livres volumineux, des minces, des vieux, des neufs… Ils accueillaient Meggie avec leurs pages grandes ouvertes sur la table du petit déjeuner, ils chassaient l’ennui des jours gris… et parfois, ils vous faisaient trébucher. » (p 12-13)

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Chasses à l’homme

Posté par belledenuit le 19 janvier 2010

Chasses à l'homme dans Policier/Thriller 516rbUwwmKL._SL160_AA115_Auteur : Christophe Guillaumot

Editions : Fayard (2008)

Nbre de pages : 437

Présentation de l’éditeur :

En plat du jour, le boeuf-carottes peut se consommer très relevé : pimenté, avec une madone des sleepings… peu ragoûtant, sous le scalpel du légiste… indigeste, assaisonné aux pruneaux de gros calibre… saignant, cuisiné par les polices concurrentes… Mais gare aux plats du jour qui se mangent froids, comme la vengeance ! Laissons-nous entraîner dans cette traque… noire ! Orfèvre en matière d’enquêtes, l’auteur n’épargne au lecteur ni les angoisses du métier ni les risques à payer. A ce prix… élevé, les bons sentiments de la police donnent la meilleure des littératures policières.

Mon avis :

Tout commence lorsque Luc Caramany, Lieutenant de 25 ans au commissariat de Saint-Georges à Paris, en cours d’interrogatoire, se voit brutement interrompre par le chef de l’I.G.S. (Inspection Générale des Services), le Commissaire Wuenheim. Ce dernier, sans commune mesure, lui indique qu’une plainte pour viol a été déposée contre lui et qu’il fait désormais l’objet d’une enquête, d’autant que la « victime » n’a pas été revue depuis plusieurs jours après le dépôt de sa plainte… Carmany est stupéfait et compte bien retrouver le coupable de ce terrible guet-apens.

Autant vous le dire de suite, je suis restée scotchée à ce bouquin tout du long. Je l’ai commencé dimanche après-midi et heureusement pour moi que mon petit loup avait décidé de faire une longue sieste parce qu’il m’était impossible de le lâcher !

D’entrée de jeu, l’auteur nous met dans l’ambiance : un bureau, un interrogatoire, des flics qui entrent inopinément dans le bureau pour arrêter un de leurs collègues alors qu’il semble totalement tombé des nues quand on lui dit le pourquoi de sa garde à vue. Surtout que le viol se terminerait aussi en meurtre ! Mais que faire quand on ne reconnaît pas la victime et que le nom de nous dit rien !

D’interrogatoires en perquisitions, tout accable ce lieutenant.

Les pages filent à une allure impressionnante. Le complot est très bien monté. L’intrigue est ficelée avec brio. J’ai cherché et pensé avoir trouvé le pourquoi du comment et le qui. Mais à chaque fois, un nouvel élément faisait s’écrouler mes hypothèses.

J’ai adoré le jeu de l’auteur avec tous ces personnages. Je me croyais, en plus, dans un véritable polar télévisé. Je voyais les scènes sans problème.

L’auteur dévoile les éléments au compte goutte. Jusqu’à la fin, on se demande si maintenant tout est entré dans l’ordre. Un vrai jeu de maître. Je ne me suis pas ennuyée du tout !

Il y a quelques scènes qui ne sont pas forcément utiles (parce que bien entendu au milieu de toute cette affaire il y a une femme) mais c’est pour mieux poursuivre notre lecture.

Je n’ai donc qu’un seul conseil à vous donner si vous envisagez de lire cet ouvrage qui est le premier de l’auteur je tiens à le préciser : prenez un jour de congé (ou de maladie si vous n’avez plus de vacances Langue) et demandez à ce que personne ne vous dérange jusqu’à ce que vous l’ayez terminé. C’est quand même la moindre des choses !

Ce livre a par ailleurs reçu le Prix du Quai des Orfèvres 2009 et pour une fois je suis totalement d’accord parce qu’il le mérite largement.

L’avis très enthousiaste de Géraldine.

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84, Charing Cross Road

Posté par belledenuit le 18 janvier 2010

84, Charing Cross Road dans Biographie/Temoignage 419R92Q4RTL._SL160_AA115_Auteur : Hélène Hanff

Editions : Autrement Littérature (2001)

Nbre de pages : 113

Quatrième de couverture :

3 novembre 1949. « Les livres me sont bien parvenus, le Stevenson est tellement beau qu’il fait honte à mes étagères bricolées avec des caisses à oranges, j’ai presque peur de manipuler ces pages en vélin crème, lisse et épais. Moi qui ai toujours eu l’habitude du papier trop blanc et des couvertures raides et cartonnées des livres américains, je ne savais pas que toucher un livre pouvait donner autant de joie. [...] Pourriez désormais traduire vos prix ? Même en américain, je ne suis pas très forte en calcul, alors maîtriser une arithmétique bilingue, ça tiendrait du miracle ! »

Par un beau jour d’octobre 1949, Helene Hanff s’adresse depuis New York à la librairie Marks & Co, sise 84, Charing Cross Road à Londres. Passionnée, maniaque, un peu fauchée, extravagante, miss Hanff réclame à Franck Doel les livres introuvables qui assouviront son insatiable soif de découvertes. Vingt ans plus tard, ils s’écrivent toujours et la familiarité a laissé place à l’intimité, presque à l’amour.

Drôle et pleine de charme, cette correspondance est un tout petit joyau qui rappelle avec une délicatesse infinie toute la place que prennent, dans notre vie, les livres et les librairies. Livre inattendu et jamais traduit, 84, Charing Cross Road fait l’objet, depuis les années 1970, d’un véritable culte des deux côtés de l’Atlantique.

Mon avis :

Lu en quelques jours, même si j’ai beaucoup apprécié cette lecture, ce n’est, malgré tout, pas un coup de coeur.

J’ai pris maintenant l’habitude de ne plus lire les quatrièmes de couverture avant de commencer un ouvrage dont la blogosphère parle souvent. Je veux réellement entrer dans l’ouvrage sans savoir à quoi m’attendre (si ce n’est qu’au vu de l’ensemble des internautes il plaît beaucoup).

C’est ce que j’ai fait avec 84, Charing Cross Road et je dois bien dire que j’attendais une histoire différente de celle que j’ai lu ici.

Je pensais que cela aboutirait à une rencontre ou quelque chose d’autre du genre mais pas que cela serait uniquement une correspondance qui durerait pendant plus de 20 ans.

Quoi qu’il en soit, l’écriture et le personnage d’Hélène Hanff est excellent. Elle a un humour débordant, un amour pour la littérature qui est passionnel (!) mais elle a aussi et surtout un coeur en or.

On apprend à la connaître à travers les missives qu’elle fait à Franck Doel et même si globalement je n’ai pas été plus émue que ça par l’ouvrage, je me suis malgré tout attachée à cette femme d’exception.

On se rend compte que plus elle arrive à obtenir des livres rares et plus elle en veut ! A croire que sa soif de découvrir la littérature anglaise est insatiable.

J’aurais aimé « voir » une véritable rencontre entre cet homme et cette femme (même si je me doute que le but de cette correspondance, au départ, n’était pas celui là). Il y a une amitié qui naît entre ces deux personnes et je dirai même plus : un respect mutuel où chacun reste à sa place.

Ca change radicalement de ce que l’on peut découvrir dans la littérature d’aujourd’hui ! Du coup, c’est un peu déroutant au départ mais qu’est-ce que c’est intéressant et beau au final.

Je ne suis pas déçue de l’avoir ouvert et je compte bien lire la suite avec La duchesse de Bloomsbury Street.

challengelivraddict2010 dans Biographie/Temoignage

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Un lion nommé Christian

Posté par belledenuit le 15 janvier 2010

Un lion nommé Christian dans Biographie/Temoignage 9782709634182Auteurs : Anthony Bourke & John Rendall

Editions : JC Lattès (2010)

Nbre de pages : 187

Présentation de l’éditeur :

En 1969, deux jeunes Australiens, Anthony et John, font l’acquisition d’un lionceau chez Harrods, à Londres. Le lion Christian et ses deux maîtres vont devenir les stars de King’s Road. Mais Christian grandit vite. Trop vite. Faut-il dès lors le confier à un zoo ou lui rendre sa liberté ? En 1970, tous trois débarquent au Kenya où le célèbre George Adamson va aider Christian à se réadapter à la vie sauvage. Un an plus tard, de retour en Afrique, Anthony et John retrouvent avec bonheur et tendresse leur ami Christian. Aujourd’hui, sur YouTube, les images de ces retrouvailles émouvantes et exceptionnelles sont désormais cultes. Un lion nommé Christian est l’une des plus belles aventures sur le lien mystérieux et puissant qui unit parfois l’homme à l’animal, même sauvage. Un classique de la littérature consacrée aux animaux.

Mon avis :

Voilà un livre que j’ai mis à peine une journée à lire. C’est une exceptionnelle histoire entre deux hommes et un lion.

Cette amitié qui se noue entre ces trois protagonistes est tout simplement sublime. J’ai adoré certains passages qui racontaient comment se comportait ce lion vis-à-vis de certaines personnes.

A quatre mois, il pèse 15 kgs et mesure près de 60 cm ! « C’est un gros nounours géant ! » (p.34)

Qui n’a jamais rêvé d’avoir une telle peluche chez lui ?

En plus, Christian est très câlin; il aime jouer; il sait quand il fait mal et comment il doit réagir alors.

C’est un bon gros toutou. Qui l’eût cru ?

Cette histoire m’a émue même si j’aurais aimé en savoir un peu plus sur ce lion. Le récit est trop rapide. D’un autre côté, Anthony Bourke et John Rendall ne l’ont gardé en Angleterre que 8 mois !

On suit la vie de ces êtres et les difficultés afférents à l’acquisition d’un tel animal (sans compter sur le futur qui s’ouvre à ce lion dans ce pays).

Heureusement, les deux « papas » font des rencontres qui vont les aider à sortir Christian de son avenir plus qu’évident d’être un animal de plus dans un zoo.

Un récit touchant, intéressant et instructif sur plusieurs points et que je recommande donc à tous les amoureux des relations humains/animaux. Par ailleurs, il est agrémenté de superbes photos où nous trouvons Christian dans diverses situations.

J’avais vu dans une émission télévisée le clip qui a été mis sur Youtube concernant les retrouvailles de ce lion avec ces anciens maîtres et j’avais tellement été touchée que lorsque un partenariat entre BOB et les éditions JC Lattès s’est présenté avec ce titre, je n’ai pas pu faire autrement qu’y sauter dessus.

Je remercie donc ces deux sites pour m’avoir permis (même si ce fût de courte durée) de partager une relation aussi sensationnelle et des moments de bonheur avec ces trois amis si particuliers.

L’avis de Saphoo avec en prime la vidéo des retrouvailles.

Publié dans Biographie/Temoignage | 9 Commentaires »

La route

Posté par belledenuit le 14 janvier 2010

La route dans SF/Fantasy/Fantastique 519JwfA3L0L._SL160_AA115_Auteur : Cormac McCarthy

Editions : Points (2009)

Nbre de pages : 251

Présentation de l’éditeur :

L’apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres et de cadavres. Parmi les survivants, un père et son fils errent sur une route, poussant un Caddie rempli d’objets hétéroclites. Dans la pluie, la neige et le froid, ils avancent vers les côtes du Sud, la peur au ventre: des hordes de sauvages cannibales terrorisent ce qui reste de l’humanité. Survivront-ils à leur voyage ?

Mon avis :

Voilà donc mon deuxième ouvrage lu pour le défi « 100 ans de littérature américaine ».

J’avais choisi ce titre parce qu’il faisait l’unanimité sur la blogosphère (mais également les forums) et que beaucoup d’entre vous l’ont trouvé excellent.

Je vais donc être le vilain petit canard car, honnêtement, je n’ai rien trouvé dans cet ouvrage qui soit fantastique au point d’en parler avec tant d’éloges.

L’histoire en elle-même est plate. Je me suis demandée à de nombreuses reprises où voulait m’emmener l’auteur.

Le but de ce père (qui demeure anonyme tout au long de l’ouvrage et ça m’a frustrée) est de partir vers le sud en espérant y trouver un peu de soleil, une mer bleue et peut-être aussi des humains sympathiques.

Je me suis dit : « Ok ! On va les suivre dans cette aventure parce qu’effectivement vivre dans une ambiance cataclysmique ce n’est pas génial ! »

De page en page, j’ai commencé à tiquer : « non de non mais dans quoi je me suis engagée là ! Il va se passer quelque chose oui ou non ? »

Ben non il ne se passe pas grand’chose dans ce livre. Quelques scènes ont le mérite de faire monter un peu notre angoisse mais elles ne sont pas majoritaires.

Le père et le fils sont seuls sur cette route.

Le but était de nous faire monter l’adrénaline avec eux mais la sauce n’a pas pris avec moi.

Quant à l’écriture de l’auteur, je l’ai trouvée infecte : des phrases qui par moment ne voulaient rien dire (à moins que ce soit un problème de traduction), des « et » à répétition (et dire qu’on fait tout un bla-bla en cours de français pour nos jeunes pour que leurs phrases ne soient pas trop lourdes !!!), des « pardon » et des « excuse-moi » en veux-tu en voilà.

Je dis non ! Je m’offusque sur ce genre d’écriture.

Vous l’aurez compris j’ai eu du mal avec ce livre. D’ailleurs, passée la page 82 je ne voulais plus l’ouvrir et puis je me suis dit que peut-être l’histoire allait s’envoler et me faire passer un bon moment. J’ai continué et puis continué encore (jusqu’au bout !) mais arrivé 50 pages avant la fin, j’ai sauté des pages ! Oui, j’ose le dire !

Des passages trop longs, qui n’apportent rien parce qu’au final où tout cela nous mène ? ….

Je suis donc déçue, grandement, par La Route. Je ne sais pas si je tenterai un autre ouvrage de cet auteur mais si c’est le cas il va falloir attendre un bon moment pour que je franchisse le pas.

D’autres avis : Lilolalule, Tamara, Amanda Meyre, Laure, MeL, Doriane (qui n’a pas aimé elle non plus :) ), Stéphie, Latite06 (qui complète vraiment très bien mon avis sur le ressenti de cette lecture et pourquoi il est si difficile de l’apprécier à sa juste valeur) et beaucoup d’autres sur BOB

challenge-100-ans dans SF/Fantasy/Fantastique

2/3

Publié dans SF/Fantasy/Fantastique | 28 Commentaires »

Créature de la nuit

Posté par belledenuit le 6 janvier 2010

Créature de la nuit dans Jeunesse creaturedelanuitAuteur : Kate Thompson

Editions : Baam ! (2009)

Nbre de pages : 286

Quatrième de couverture :

« Je lui avais bien dit à ma mère, que je ne voulais pas rester là-bas. Dès qu’elle ouvrait la bouche je disais : « Je reste pas là-bas. Tu peux pas me forcer. »"

Il va lui en faire baver à sa mère de l’emmener dans un trou aussi perdu. Soi-disant parce que les potes ont une mauvaise influence… Mais pourquoi là-bas ? Pourquoi dans une maison que l’ancien locataire a désertée du jour au lendemain ? Dans une bicoque en rase campagne où une petite fille a été assassinée bien des années plus tôt ? Quant à cette consigne idiote de laisser chaque soir un bol de lait et des biscuits pour une improbable petite fée… c’est du délire. Quoique…

Mon avis :

Créature de la nuit n’est pas le genre de livre auquel je m’attendais au départ. En découvrant la quatrième de couverture, je pensais lire un ouvrage du domaine fantastique où les Hommes allaient rencontrer une fée. Or, il n’en est rien. Ou du moins pas comme on pourrait le croire.

C’est donc l’histoire d’un adolescent, Bobby, âgé de 14 ans, qui mène une vie décadente : alcool, drogue, vols, tout y passe avec ce jeune en mal de vivre. Pour tenter de sortir son fils de cette situation et de ses mauvaises fréquentations, sa mère décide de louer une maison dans le Comté de Clare, suffisamment éloigné de Dublin (selon elle) pour que son fils retrouve le droit chemin. Ce dernier ne l’entend pas de cette façon et lui mène une vie infernale. Surtout lorsqu’une voisine déclare qu’il faut mettre tous les soirs un bol de lait et des biscuits pour une fée qui sort la nuit uniquement. Sinon, on ne sait pas ce qui risque d’arriver. D’ailleurs, un meurtre et une disparition ont déjà eu lieu…

Dès le départ, on se dit que ce jeune homme a bien besoin d’être remis à sa place (d’ailleurs, j’aurais du mal à accepter que mes enfants me parlent de la façon dont ce jeune traite sa mère). L’auteure utilise un langage de jeune et du parler quotidien. On mâche certains mots, on n’oublie les négations au départ. Bref, tout est fait de manière pour que l’on se sente comme dans la vie de tous les jours.

J’avoue que le comportement de Bobby m’a quelque peu saoûlée arrivée à la moitié de l’ouvrage et j’avais aussi compris que ce livre ne traiterait pas du thème des fées qui m’avait attiré au début. Autant vous dire qu’à un moment, j’ai stagné un peu dans ma lecture. Et puis, allez savoir pourquoi tout s’est modifié d’un coup de baguette magique !

Il m’était impossible de fermer ce livre. Je me sentais obligée de suivre la narration de Bobby (parce que c’est lui qui nous raconte cette histoire).

J’ai « regardé » cet enfant avec un oeil différent et je me suis rendue compte du mal-être qui l’envahissait et que son attitude était aussi la conséquence de la vie menée par sa mère.

Au fil des chapitres, on en apprend un peu plus et on ne souhaite qu’une chose : aider ce jeune homme, le prendre sous notre aile pour qu’il devienne quelqu’un de bien, qu’il arrive à trouver sa voie dans cette vie si difficile.

L’histoire des fées devient alors secondaire et même si l’on referme le livre en se disant « ce n’était que ça ! », il n’en demeure pas moins que d’un point de vue relation humaine, ce livre est fort en émotions.

Bobby évolue au fur et à mesure du temps passé dans le Comté de Clare et auprès  de ses voisins, les Dooley. On le « voit » s’interroger sur beaucoup de points et revoir son comportement même s’il y a toujours une part de lui-même qui se rebelle.

C’est beau. C’est bien écrit. C’est captivant !

Je ne vous dirai pas que j’ai été déçue par cette lecture parce que ce n’est pas le cas même si j’en attendais autre chose. J’ai été tout simplement touchée par cet ouvrage et j’en remercie Livraddict et les Editions Baam pour cette jolie découverte en ce début d’année grâce à ce partenariat.

barreetoile dans Jeunesse

L’avis de ma fille :

Ce n’est pas un livre exceptionnel. D’ailleurs, je ne l’ai pas aimé plus que ça.

Robert est un adolescent de 14 ans qui fume, se drogue, boit et a de mauvaises fréquentations qui ne le prennent avec eux que pour se servir de lui. Cette partie de l’hisoire ne m’a pas emballée.

De plus, il répond à sa mère de façon permanente et effrontée comme s’il n’avait rien dans le coeur.

En voyant le titre, j’ai été irrésistiblement attirée par ce livre. Néanmoins, je suis surprise de la tournure de l’histoire. Je pensais qu’il y aurait plus de créatures fantastiques et que l’histoire serait plus intéressante que ce qu’elle était.

Malgré tout, j’arrive à éprouver quelque chose pour la maman de Robert : de la compassion, de la compréhension…

Mère et fils se mettent dans des situations très délicates qu’ils fuient en se réfugiant à la campagne.

Il y a dans l’histoire un humour noir que j’ai un peu apprécié ainsi que l’effort de Robert pour retrouver son chemin… Il est vrai que ce livre est fort en sentiments…

C’est un bon livre avec un style d’écriture très moderne, adolescent donc parfois vulgaire car c’est un langage on ne peut plus familier.

En bref, j’ai passé un bon moment avec ce livre mais sans plus.

barreetoile

N.B. : Créature de la nuit ne sortira en librairie qu’à compter du mois de mars 2010 mais très honnêtement n’hésitez pas à le découvrir mais également à le faire découvrir à vos adolescents. C’est un livre jeunesse exceptionnel.

D’autres avis : Le Mammouth, Flof13, Taliesin et d’autres sur Bibliomania.

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